Une icône de la musique traditionnelle s’en est allée

Peu de Sénégalais le connaissaient. Pourtant, il était un musicien talentueux et l’un des derniers gardiens de la musique traditionnelle sénégalaise. Oumar Bassoum n’est plus et est parti à jamais avec son savoir car n’ayant pas laissé beaucoup d’œuvres derrière lui.
Certains se sont demandé qui était Oumar Bassoum en voyant dans la presse l’annonce de son décès. Artiste musicien, il était d’un genre rare. ‘’Oumar Bassoum était une personne spéciale. Il était un des gardiens de nos traditions’’, témoigne le secrétaire général de l’association des métiers de la musique (AMS), Guissé Pène. ‘’Oumar Bassoum faisait partie des pionniers de la musique traditionnelle. Il faisait partie de ceux qui pouvaient remplacer Samba Diabaré Samb, Boucounta Ndiaye ou encore Laye Mboup’’, renseigne le trompettiste Jules Guèye joint par EnQuête.
Ainsi, l’ancien compagnon de Baaba Maal au sein de l’orchestre ‘’Dande Lenol’’ constituait le relève de la musique traditionnelle. ‘’Avec Pape Mboup, ils ont beaucoup copié et travaillé la musique de ces gens-là (ndlr Samba Diabaré Samb et cie’’, selon Jules Guèye. ‘’Il n’y a pas parmi les jeunes des chanteurs qui connaissent bien nos traditions comme eux. La jeune génération ne peut pas nous plonger dans la tradition’’, regrette Guissé Pène. En effet, renchérit Jules Guèye, aujourd’hui les jeunes sont plus dans le ‘’chant moderne qui n’a pas de fondements’’. Alors qu’un musicien comme Oumar Bassoum ‘’connaissait notre culture. C’était un ‘’ndanaan’’. Il pouvait jouer sur toutes les notes’’, selon Pape du groupe ‘’Pape et Cheikh’’.
Oumar Bassoum souffrait plus d’impopularité que d’un manque de talent. ‘’C’était un excellent musicien’’, se souvient Jules Guèye. ‘’Il était fort dans ce qu’il faisait’’, selon le guitariste Pape. Pourquoi donc n’était-il pas très connu du grand public ? ‘’Parce qu’on ne sait pas valoriser notre potentiel culturel’’, répond Jules Guèye. Pour Guissé Pène, l’Etat a failli dans sa mission régalienne de préserver la culture. D’autant plus qu’on est dans une société de l’oralité. ‘’L’Etat devrait préserver nos traditions en encadrant et accompagnant les gardiens de cette tradition’’.
Oumar Bassoum est parti sans laisser d’œuvres. Les générations ne le connaitront qu’à travers les duos qu’il a faits avec des artistes comme Pape Diouf et Jules Guèye.
Par ailleurs, l’homme Oumar Bassoum est décrit comme quelqu’un de simple, de généreux et de respectueux. ‘’C’est quelqu’un qui aimait beaucoup sa famille. Il n’avait pas de groupes mais sortait tous les soirs pour avoir de quoi entretenir sa famille’’, retient Guissé Pène. ‘’Il a travaillé dur jusqu’à la fin pour nourrir sa famille. Il y a 4 semaines, on a joué ensemble au CCF lors d’un concert hommage à Omar Ndao’’, se remémore Jules Guèye.
BIGUE BOB