Publié le 22 Aug 2025 - 16:33
AFFAIRE FATOU KINÉ CISSÉ

2 ans de prison, dont 1 an ferme pour diffusion de fausses nouvelles

 

Le tribunal correctionnel de Dakar a rendu son délibéré, hier, dans l'affaire Fatou Kiné Cissé, directrice de la société Tahar Projects et vendeuse d'armes. La prévenue, qui avait déjà passé plus de deux mois en détention provisoire, a été condamnée à deux ans de prison, dont une ferme pour diffusion de fausses nouvelles et discrédit jeté sur la gendarmerie nationale. 

 

L'affaire remonte au mois d'avril 2025, lorsqu'une vidéo de Fatou Kiné Cissé, largement partagée sur les réseaux sociaux, avait créé la polémique. On y voyait la cheffe d'entreprise affirmer que la sécurité du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et de son Premier ministre, Ousmane Sonko, était compromis.

Selon elle, la promotion d'un officier de gendarmerie réputé proche de l'ancien chef de l'État, Macky Sall, et du général Moussa Fall, représenterait une menace. ''Je sens que le nettoyage n'a pas été bien fait au niveau de la gendarmerie. La sécurité du président de la République est un compromis. Il faut éviter que l'histoire de Thomas Sankara se répète avec le Premier ministre'', avait-elle lancé.

Ces déclarations, qualifiées de dangereuses par le parquet,avaient conduit à son arrestation le 23 avril 2025 et à son placement sous mandat de dépôt. 

Jugée le 17 juillet dernier devant le tribunal correctionnel de Dakar, Fatou Kiné Cissé est affaiblie, se déplaçant à l'aide de béquilles, après une fracture du bassin. À la barre, elle a reconnu être l'auteure de la vidéo, mais a insisté sur le caractère personnel de ses propos : ''C'était un avis basé sur le contexte géopolitique actuel. Je n'ai diffamé personne, j'ai seulement exprimé mon opinion. Si j'avais su que cela allait provoquer un tel tollé, je ne l'aurais jamais fait. Je demande pardon au peuple sénégalais et aux juges.''

Elle a également tenté de clarifier ses propositions sur les contrats d'armement qu'elle avait évoqués dans la même sortie. Selon elle, les informations provenaient des réseaux sociaux et même le ministère avait confirmé que 90 % des armes supposément disparues avaient été retrouvées. 

Fatou Kiné Cissé, diplômée d'un Master en sécurité et défense, a rappelé qu'elle avait créé son entreprise en 2020 et qu'elle employait quatre personnes. Elle affirme avoir travaillé avec des partenaires russes, serbes et belges dans le domaine de l'armement, avant que cette affaire ne vienne bloquer tous ses projets. Elle dit avoir même été victime d'une campagne de diffamation qui a abouti à l'envoi d'une lettre à une ambassade étrangère. 

Pour le parquet, les propositions de Fatou Kiné Cissé sont d'autant plus graves qu'ils visaient les plus hautes autorités de l'État. ''La particularité et la dangerosité de cette affaire résidente dans le fait que la prévenue à cité le président de la République et le Premier ministre. Elle a mis en cause la gendarmerie, une institution clé de la sécurité nationale'', avait souligné le procureur, qui avait requis six mois de prison ferme. 

La défense, assurée par Maîtres Michel Mahecor Diouf et Seyba Danfakha, avait plaidé l'absence d'intention criminelle. Les avocats ont soutenu que leur cliente n'avait fait qu'exprimer une opinion, interrogeant le tribunal : ''Avait-elle la claire conscience qu'elle diffusait de fausses nouvelles ? Doit-on réprimer un simple délit d'opinion ?'' Les robes noires avaient également déposé un certificat médical, rappelant que leur cliente était hospitalisée depuis un mois au pavillon spécial, et sollicité une liberté provisoire, en vain. 

Alors que le parquet avait requis six mois ferme, le tribunal a finalement alourdi la peine en condamnant Fatou Kiné Cissé à deux ans de prison, dont un an ferme. 

MAGUETTE NDAO 

Section: 
COURSES DE CHEVAUX ET D’ÂNES À TOUBA : Le rappel à l’ordre du khalife
LEVÉES DE FONDS POUR BÉBÉS MALADES ET DÉNONCIATION DG DGPJS : Ndella Madior Diouf attendue à la Sûreté urbaine
SAINT-LOUIS : DON DE MOTOPOMPES : Les quartiers inondables soulagés
SECURITE SANITAIRE DES ALIMENTS AU SENEGAL, BURKINA ET MALI : La restauration de rue au cœur des préoccupations
CRISE DE L’ÉLECTRICITÉ Thierno Alassane Sall met en cause la gestion du secteur et écarte la thèse du sabotage
PÉNURIE DE SANG : La Présidence répond à l’appel du CNTS et vise la pérennité
JOURNEE INTERNATIONALE DES LANGUES DES SIGNES : Les chantiers de l'inclusion
RENSEIGNEMENT EXTÉRIEUR : Le Général Souleymane Kandé prend la tête de LA DGRE
COOPÉRATION EURO-AFRICAINE : L’Europe face à l’urgence de repenser son modèle de coopération
AFFAIRE KHADIM BA - TRANSACTION AVEC LA DOUANE : Me Massokhna Kane évoque un accord à un milliard
Marché de Thiaroye
Trafic de drogue
DÉSENCOMBREMENT DES VOIES PUBLIQUES : Makhtar Cissé veut briser le cycle du recommencement
RETOUR DES DELESTAGES : De l'électricité dans l'air
Détournement de mineure
GRÂCE PRÉSIDENTIELLE : 984 détenus bénéficient d’une grâce exceptionnelle
ME MOUSSA SARR A LA CONFERENCE DE LA COUR DE JUSTICE DE LA CEDEAO : « L’autorité de la justice réside aussi dans son effectivité »
LITIGE FONCIER À KEUR MOUSSA : 22,5 hectares au cœur d’un bras de fer
DÉLESTAGES - SORTIE DU DG DE SENELEC À LA RTS Senelec promet un retour à la normale jeudi
Trafic de produits psychotropes