Jeunes en danger ou en conflit avec la loi
Apprendre un métier ne suffit pas toujours à sortir de la précarité. Pour les jeunes accueillis dans les centres de protection judiciaire et sociale, l’accès à l’emploi reste un obstacle après la formation. Le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, l’a reconnu, hier, à l’ouverture d’un panel consacré à la mise en place d’un dispositif et d’un fonds d’insertion et de réinsertion des jeunes en danger ou en conflit avec la loi.
Le ministre a identifié plusieurs insuffisances dans leur accompagnement : difficultés à poursuivre leur formation, manque de stages d’apprentissage, accès limité à l’emploi salarié, absence de microcrédits ou de kits de démarrage pour exercer à leur compte.
« Nous leur avons appris un métier, et nous les laissons au seuil de l’atelier sans la clé », a-t-il résumé. Ce constat intervient alors que les centres enregistrent des résultats en matière de formation professionnelle. Selon les chiffres présentés par le ministre, 412 pensionnaires ont réussi leurs examens en 2025 : 312 ont obtenu une attestation et 100 ont été admis au certificat d’aptitude professionnelle (CAP).
Les qualifications concernent notamment la menuiserie, la coiffure, la tapisserie, l’électricité, le froid et la climatisation, ainsi que la restauration. Pour le Garde des Sceaux, ces acquis risquent de rester sans débouchés si les jeunes ne bénéficient pas d’un soutien à la sortie des centres.
...« Le diplôme n’est pas la fin du chemin. C’est là que se situe le point faible de notre dispositif », a-t-il souligné. Le panel doit précisément travailler à cette transition entre qualification et activité professionnelle. L’objectif annoncé est de mettre en place un accompagnement et un fonds capables de soutenir l’insertion ou la réinsertion des bénéficiaires. L’enjeu dépasse l’accès à un revenu. Le ministre considère l’autonomie économique comme une protection contre le retour à la rue, l’exploitation et la précarité, voire la récidive pour les jeunes en conflit avec la loi. Il a également insisté sur les besoins des jeunes filles victimes de violences.
La Direction générale de la Protection judiciaire et sociale reçoit chaque année près de 17 000 bénéficiaires confiés par l’autorité judiciaire, selon le ministre. Elle accompagne des mineurs victimes, témoins ou en conflit avec la loi, ainsi que des jeunes majeurs de moins de 21 ans en danger.
Le Garde des Sceaux a rappelé que sa mission doit maintenir l’enfant dans sa qualité de sujet de droits, sans le réduire à un objet de procédure. Pour donner des débouchés aux formations, il a appelé à une mobilisation des institutions, des entreprises et de la société civile. L’accès aux stages, à l’emploi et aux moyens de démarrer une activité dépendra aussi de leur engagement aux côtés des structures de protection.






