Publié le 10 Oct 2026 - 11:44

Planification familiale

 

L’objectif de 13 millions d’utilisatrices additionnelles à l’horizon 2030 reste incertain pour le Partenariat de Ouagadougou (PO). Selon Marie Ba, de son unité de coordination, les tendances actuelles conduiraient plutôt à un résultat de 10 à 11 millions si la situation n’évolue pas favorablement. Cet écart était au cœur du dialogue stratégique organisé hier à Dakar avec les partenaires, à l’occasion de la réunion du Conseil consultatif.

Composé de personnalités de la société civile et du secteur de la santé, ce conseil se réunit notamment pour assurer le suivi des engagements et des recommandations issus de la rencontre ministérielle organisée en marge de l’Assemblée générale des Nations unies. À Dakar, les échanges ont porté sur les solutions permettant de poursuivre les efforts en faveur de la planification familiale malgré les changements dans son financement. « Nous sommes dans une époque et une période de transition pour la plupart des pays par rapport au financement de la santé, mais aussi au financement de la planification familiale », a expliqué Marie Ba.

Elle estime que cette transition offre également une occasion de revoir les méthodes et de développer de nouvelles réponses. La stratégie du partenariat pour la période 2026-2030 repose sur quatre piliers. Le premier concerne l’appropriation nationale de la planification familiale et le renforcement du leadership politique. Il s’agit de donner à cette question une place plus affirmée dans les priorités des pays. Le deuxième porte sur la mobilisation des ressources domestiques.

...Marie Ba souligne deux exigences : améliorer l’efficacité des dépenses publiques consacrées à la santé reproductive et augmenter les budgets alloués à la planification familiale. L’enjeu est donc de disposer de moyens supplémentaires tout en utilisant mieux les ressources déjà disponibles. L’engagement des jeunes constitue le troisième pilier. Présentés au cours des échanges comme représentant plus de la moitié de la population, ils doivent, selon Marie Ba, être considérés comme des acteurs du changement.

Leur participation occupe ainsi une place à part entière dans la stratégie destinée à accélérer les progrès. Le quatrième axe concerne la continuité des services en contexte de crise. Les difficultés climatiques, financières et sécuritaires affectent l’accès des femmes à la planification familiale. Le partenariat entend mieux prendre en compte ces situations, qui peuvent compromettre aussi bien la disponibilité des prestations que leur qualité.

À quelques années de l’échéance de 2030, Marie Ba ne ferme pas la porte à l’atteinte de l’objectif initial. Elle reconnaît toutefois les obstacles auxquels le partenariat est confronté et insiste sur la capacité à maintenir les services malgré les difficultés. « Qu’on arrive à 12 ou 13 millions, ce serait excellent », a-t-elle déclaré, tout en rappelant que le nombre d’utilisatrices ne peut être le seul critère d’appréciation.

La qualité des prestations proposées aux femmes doit également guider les efforts. Le défi consiste ainsi à accélérer l’accès à la planification familiale sans fragiliser les acquis. Pour le partenariat, la mobilisation des financements nationaux et le maintien des services dans les zones touchées par les crises seront déterminants pour réduire l’écart avec l’objectif de 2030.

Section: