La carte Macky dans le jeu de Diomaye

En marge de l’Assemblée générale des Nations unies, Bassirou Diomaye Faye s’est entretenu avec Emmanuel Macron, en présence de Macky Sall. La succession d’António Guterres a figuré parmi les sujets évoqués. Une séquence qui intervient deux mois après le soutien officiel de Dakar à la candidature de l’ancien président sénégalais.
À New York, la candidature de Macky Sall s’est invitée dans l’agenda diplomatique de Bassirou Diomaye Faye. Mardi 22 septembre, le chef de l’État sénégalais s’est entretenu avec Emmanuel Macron, en marge de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies. L’ancien président sénégalais était présent lors de cette rencontre, selon l’Associated Press, relayée par Africanews. La présidence sénégalaise a confirmé l’entretien entre les deux chefs d’État.
Au-delà du partenariat entre Dakar et Paris et des questions internationales liées à la paix et à la sécurité, Bassirou Diomaye Faye et Emmanuel Macron ont évoqué « l’élection du prochain secrétaire général des Nations unies ». La présence de Macky Sall donne un relief particulier à cette séquence. L’ancien chef de l’État est candidat à la succession d’António Guterres, dont le mandat s’achève cette année. Et depuis juillet, sa candidature est officiellement soutenue par le Sénégal.
Le soutien de Bassirou Diomaye Faye à son prédécesseur a été officialisé après leur audience du 17 juillet au Palais de la République. Le chef de l’État avait alors instruit le gouvernement et le réseau diplomatique sénégalais de se mobiliser pour promouvoir la candidature de Macky Sall auprès des États membres de l’ONU. Cette décision avait marqué un changement de position de Dakar. La candidature de Macky Sall avait initialement été présentée par le Burundi, alors président en exercice de l’Union africaine. Depuis juillet, elle est donc également portée officiellement par l’État sénégalais. La séquence de New York intervient dans ce nouveau contexte. Le président sénégalais ne se contente plus de recevoir son prédécesseur : son appareil diplomatique est désormais engagé dans la promotion de sa candidature.
La France, un interlocuteur clé
La question de la succession à la tête de l’ONU prend une importance particulière dans un échange avec Emmanuel Macron. La France est en effet l’un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité, instance qui doit recommander un candidat à l’Assemblée générale. Mais il faut rester précis sur ce que cette rencontre permet d’établir. La présidence sénégalaise confirme que le sujet de l’élection du prochain secrétaire général a été abordé.
Elle ne fait en revanche état d’aucun engagement français en faveur de Macky Sall. Il serait donc prématuré de présenter la rencontre comme un soutien de Paris à la candidature sénégalaise. La séquence est néanmoins significative : le dossier de Macky Sall a été évoqué au plus haut niveau entre Dakar et Paris, alors que l’ancien président était présent.
Le contexte de la campagne explique aussi l’attention portée à cette rencontre. Le troisième sondage indicatif du Conseil de sécurité, organisé le 18 septembre, n’a pas été favorable à Macky Sall. Selon les résultats rapportés par Reuters, l’ancien président sénégalais a obtenu cinq voix « encourage », neuf « discourage » et une « sans opinion ». Il avait obtenu six voix favorables, sept défavorables et deux sans opinion lors des deux précédents scrutins.
Ces consultations sont informelles et ne constituent pas le vote final. Elles donnent néanmoins une indication de la manière dont les quinze membres du Conseil de sécurité accueillent les candidatures. À ce stade, Rebeca Grynspan a obtenu neuf voix favorables et Carolyn Rodrigues-Birkett huit lors du troisième sondage, selon Reuters. Huit candidats restent engagés dans la course. Le soutien officiel de Dakar intervient donc alors que la candidature de Macky Sall doit encore progresser dans les consultations internationales.
Le dossier change de dimension
Pour Bassirou Diomaye Faye, le dossier est désormais clairement diplomatique. En décidant de soutenir la candidature de Macky Sall, Dakar a choisi de mobiliser son réseau auprès des États membres des Nations unies. À New York, la question est revenue dans les échanges avec Emmanuel Macron. Ce qui donne à la présence de Macky Sall dans cette séquence une portée particulière, sans pour autant permettre d’en tirer des conclusions sur la position française. La scène dit surtout une chose : la candidature de l’ancien président est désormais assumée par l’État sénégalais et intégrée à l’activité diplomatique de son successeur.
Pour le reste, la bataille se poursuit. Le soutien de Dakar constitue un nouvel élément dans la campagne, mais il ne suffit pas à lui seul à déterminer l’issue du processus. La désignation du prochain secrétaire général passera par les consultations au Conseil de sécurité, avant une recommandation à l’Assemblée générale. À New York, Macky Sall était donc présent dans une séquence diplomatique menée par Bassirou Diomaye Faye, autour d’un dossier qui engage désormais officiellement le Sénégal. Une image forte, certes, mais surtout un rappel de l’enjeu : pour Dakar, la candidature de Macky Sall est devenue une affaire de diplomatie d’État.






