Publié le 2 Oct 2026 - 13:13

Adha demande un audit des dispositifs existants du CCJS

 

L’installation du Conseil consultatif des jeunes du Sénégal (CCJS) suscite des interrogations au sein de l’Action pour les Droits humains et l’Amitié (Adha). Dans un communiqué publié le 29 septembre, l’organisation dit saluer toute initiative visant à renforcer la participation des jeunes à la gouvernance publique, mais estime nécessaire d’évaluer au préalable l’efficacité des structures existantes. « Avant de créer ou d’installer de nouvelles instances, pourquoi ne pas évaluer rigoureusement celles qui existent ou ont déjà existé ? », s’interroge l’Adha.

L’organisation rappelle que les jeunes Sénégalais restent confrontés à plusieurs difficultés, notamment en matière d’emploi, d’insertion professionnelle, de formation, de financement, de précarité, de migration irrégulière et d’accès aux opportunités. Or, plusieurs mécanismes institutionnels ont déjà été créés pour répondre à ces problématiques. L’Adha cite notamment le Conseil national pour l’insertion et l’emploi des jeunes (CNIEJ), créé par le décret n°2021-172 du 27 janvier 2021. Cette structure avait notamment pour mission de coordonner, suivre et évaluer les politiques d’emploi et d’insertion des jeunes. Le décret prévoyait également l’élaboration annuelle d’un rapport d’évaluation de ces politiques.

...Pour l’organisation, des questions restent toutefois sans réponse sur le bilan de ce dispositif. « Où sont ces rapports ? Quelles recommandations ont-ils formulées ? Lesquelles ont été mises en œuvre ? Avec quels résultats ? », demande-t-elle. L’Adha considère que ces interrogations relèvent de la transparence, de la redevabilité et de la bonne gouvernance des politiques publiques. Elle préconise ainsi la réalisation d’un audit indépendant, transparent et documenté des politiques, programmes et instances consacrés à la jeunesse. Cet audit devrait notamment permettre, selon l’organisation, d’évaluer les résultats obtenus, les ressources mobilisées, les éventuels chevauchements entre dispositifs ainsi que les écarts entre les engagements annoncés et leur mise en œuvre.

Concernant le nouveau Conseil consultatif des jeunes, l’Adha l’appelle à ne pas devenir « une instance supplémentaire dont les recommandations resteraient sans suite ». Elle plaide plutôt pour en faire un véritable espace de proposition, de participation citoyenne, de suivi et de redevabilité, avec une publication régulière de ses avis, recommandations, rapports d’activité et du suivi de leur mise en œuvre. Pour l’organisation, l’enjeu dépasse donc la simple consultation des jeunes. Elle estime que ceux-ci doivent pouvoir être entendus, pris en compte dans les décisions publiques et surtout voir ces décisions produire des résultats concrets. L’Adha conclut que le Sénégal ne manque ni de conseils ni de dispositifs dédiés à la jeunesse, mais qu’il est désormais nécessaire de mesurer les résultats, publier les bilans et rendre compte de leur efficacité.

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