Publié le 20 Jan 2026 - 10:04
CAN AU MAROC - LE SÉNÉGAL ARRACHE SA 2ᵉ COUPE  

Liberté 2 outrée par l’arbitrage et la CAF

 

Le sacre de l’équipe nationale du Sénégal face au Maroc est plus que jamais savouré dans la capitale. Dans le quartier Liberté 2, on ne digère toujours pas les atermoiements de l’arbitre de la finale qui ont failli gâcher la fête.

 

Lendemain de finale de la CAN au Maroc, à Liberté 2. Le quartier est pavoisé aux couleurs du pays : les drapeaux flottent devant les commerces et sont même arborés sur des motos. L’emblème national majeur, le lion, est dessiné à plusieurs endroits sur les routes goudronnées.

Ce lundi est un jour férié décrété par le président sénégalais Diomaye Faye, suite à la victoire des Lions de la Teranga, qui ont arraché leur second trophée. Il est 16h et le quartier, animé pendant le match, est beaucoup plus calme que d’habitude. La veille, la soirée du sacre a été grandement fêtée, une Fanzone ayant été installée spécialement pour la finale. Après l’extase de la veille, il est de plus en plus question des conséquences des troubles enregistrés lors de la finale.

"Ma joie est immense. Je suis content des joueurs et du coach. Parce que cela fait très longtemps qu’on nous vole. Cette fois-ci, notre équipe a pris ses responsabilités. Peu importe les conséquences, ça en vaut le coup", déclare Fallou Ndiaye, trouvé au niveau du rond-point Inter où il y a un jardin bien décoré sur le thème du match de foot.

Ici, l’ambiance festive règne toujours. Vers 17h, la musique est à fond. Les enfants utilisent des vuvuzelas, n’ayant pas de répit dans cette fête. Portant toujours un maillot de l’équipe nationale, Fallou Ndiaye note que l’accumulation des injustices subies par l’équipe sénégalaise durant plusieurs éditions de la CAN a eu un effet. Les Sénégalais ne comptent plus se laisser faire, selon lui. Il rappelle que lors de la dernière CAN organisée en Côte d’Ivoire, le Sénégal a subi une élimination face au pays organisateur à cause d'un mauvais arbitrage. Il évoque également celle de 2017 au Gabon, où il y a eu une forme de supériorité sénégalaise qui n'a pas suffi, permettant ainsi la qualification des Camerounais en demi-finale.

Pour la CAN 2025, qui semblait bien démarrer, la fête a été gâchée. "Le Maroc a été avantagé par l’arbitrage durant tout son parcours dans cette CAN : 8ᵉ de finale, ¼ de finale, ½ finale. Quand l’équipe adverse a un penalty, l’arbitre siffle. Or, quand le Maroc doit concéder un penalty, l’arbitre ferme les yeux", fulmine M. Ndiaye.

À quelques encablures, au jardin Marché Ndiago, le jeune Michael Théophile est entouré de ses camarades. Ils discutent du match de la finale. Il dénonce le manque de fair-play des Marocains et la tricherie. "Les Marocains ont tout fait, surtout en dehors du terrain, pour empêcher les joueurs du Sénégal de remporter la CAN. Mais la volonté de Dieu s’est manifestée", déclare Michael Théophile, se réjouissant de la "justice divine".

Sur le penalty raté du Marocain Brahim Diaz, le jeune homme martèle : "Il a voulu nous humilier, mais a échoué. Cela fait longtemps que son peuple attend ce trophée. Et vu tout ce qu’ils étaient prêts à faire, il a raté involontairement".

Poursuivant, Théophile dit toute son admiration pour Sadio Mané. "C'est un grand homme. Sans lui, on aurait pu perdre sur tapis vert. Il a gagné beaucoup plus de considération", déclare-t-il.

Mouhamed Diallo de Sicap Annexe Amitié 3 est venu palabrer à Liberté. Maillot, brassard, foulard… Il arbore l’attirail du supporter, en ce lendemain de match. "Nous sommes frères, Marocains et nous. L’arbitre a fait des erreurs. Sadio Mané a réglé la situation", dit-il, plus diplomate que les jeunes.

Assis à côté de lui, Kébé Sainghin, en mode supporter lui aussi, n’est pas d’accord avec son ami Diallo sur l’arbitrage. Pour lui, il ne faut pas parler d’erreur mais d’une faille énorme qui n’honore pas le football africain. Au-delà des arbitres, il pointe du doigt les Marocains et la Confédération africaine de football (CAF). "Ils ne sont pas fair-play. Ils organisent la compétition, mais sur le terrain, on est plus forts. L’arbitrage en Afrique est mauvais, et la CAF aussi."

BABACAR SY SEYE

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