Publié le 11 Feb 2026 - 12:46
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Les mêmes dérives, les mêmes justifications  

 

Antoine Diome avait ses forces occultes. Daouda Ngom sort ses influences extérieures et politiques, qui seraient derrière les étudiants, tirant les ficelles, pour foutre le bordel à l’université. La réaction musclée du Gouvernement a conduit à la mort du regretté Abdoulaye Ba, étudiant en deuxième année à la faculté de médecine de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar.

Ce que Daouda Ngom et ses collègues ministres n’ont pas dit, c’est que cette fois, il n’y avait même pas de manifestations violentes, au moment où les forces de défense et de sécurité se pointaient dans l’enceinte du campus social, dès les premières heures de la matinée du lundi 9 octobre, avec une armada, visiblement préparée à en découdre avec les étudiants. “Nous ne nous battrons pas ; nous avons faim ; nous n’avons pas la force de nous battre”, leur criaient ces derniers.

En fait, le crime des étudiants, c’est d’avoir eu faim à cause de la fermeture des restaurants universitaires, et surtout de l’avoir vulgarisé à grand renfort médiatique, à travers des vidéos honteuses, dégradantes, diffusées dans les médias et les réseaux sociaux. Touché dans son orgueil, le gouvernement décide de rouvrir les restaurants, mais fait appel aux forces de l’ordre pour que les étudiants qui réclament des bourses ne puissent pas décréter d’autres journées sans tickets.

Les éléments ne se sont pas limités à aller sécuriser les restaurants. Ils ont été jusque dans les chambres pour tabasser, réprimer, humilier des étudiants dont des innocents. Comme Abdoulaye Ba, arraché à l’affection de sa pauvre maman qui comptait beaucoup sur son enfant, pour se tirer de la précarité dans laquelle elle vit. Selon de nombreux témoignages, c’est dans sa chambre qu’il a été trouvé et tabassé à mort.

Le pire, c’est que toute la journée du 9 février, des observateurs ont averti sur cette cohabitation presque impossible dans l’espace universitaire. Tout le monde voyait venir l’irréparable. Sauf “l’homme le plus renseigné du pays” : le ministre de l’Intérieur Monsieur Bamba Cissé. En conférence de presse, ils ont plutôt essayé de se dédouaner en justifiant la légalité de l’intrusion de la police dans le campus social qui, selon les ministres, ne fait pas partie des lieux concernés par les franchises universitaires.

Nous avons compris : l’ordre qui a été donné aux flics d’entrer dans l’université est légale. S’il y a une faute, c’est surtout aux policiers et à leur commandement d’en répondre individuellement. Aucune faute des autorités politiques.

Une excuse qui a du mal à passer aux yeux de nombreux spécialistes du maintien de l’ordre. Dans la pratique comme dans les faits, soutiennent-ils, le campus social est bien pris en compte dans les franchises universitaires. Les premiers responsables, pensent-ils, sont les autorités qui ont donné l’ordre non seulement d’entrer dans le campus, mais aussi d’aller jusque dans les pavillons.

 

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