Publié le 16 Jan 2026 - 14:37
FACE AUX ATTAQUES ARMÉES DES VOLEURS DE BÉTAILS

Les éleveurs de Simbandi Brassou réclament justice et protection de leurs biens

 

Dans la région de Sédhiou, les questions d’insécurité et de vol de bétail sont des équations difficiles à résoudre. La zone de Simbandi Brassou est particulièrement touchée. Les populations y font face à la recrudescence des violences et du vol de bétail. Réunies au sein d’un mouvement de protestation, elles exigent que toute la lumière soit faite sur les cas d’assassinats d’éleveurs perpétrés par des bandits armés dans la zone.
 

Depuis la guerre de libération en Guinée-Bissau, jusqu’au conflit casamançais trentenaire, l’arrondissement de Simbandi Brassou, situé dans le département de Goudomp, région de Sédhiou, continue surtout de souffrir de l’insécurité. Cette insécurité endémique de Simbandi Brassou plonge les populations dans une grande inquiétude. Ces populations constituées d’éleveurs ont investi la rue, mardi dernier, au cours d’une marche pacifique reliant Baghére, localité située non loin de Tanaff, à Simbandi Brassou. Au terme de la manifestation, un mémorandum a été remis au sous-préfet de l’arrondissement, afin d’alerter l’autorité administrative sur la gravité de la situation sécuritaire que vivent les éleveurs.

Cet arrondissement a enregistré des pertes en vies humaines, ces dernières années. Le dernier cas survenu le 4 octobre 2025 à Tognataba, dans la commune de Baghére, en est une parfaite illustration. Mba Dobassy, un éleveur, a été froidement assassiné par des individus armés qui ont ensuite emporté son troupeau. En dehors de ces pertes humaines, les éleveurs dénoncent également l’ampleur du vol de bétail. « Plus de 500 têtes de bétail, toutes espèces confondues, seraient subtilisées chaque année dans l’arrondissement de Simbandi Brassou », a expliqué le porte parole des éleveurs, Bouro Wolou. Une situation qu’il qualifie d’«intenable » et qui met en péril les moyens de subsistance de nombreuses familles.

Face à cette insécurité persistante, le collectif plaide pour que les éleveurs soient autorisés à porter des armes afin de pouvoir se défendre en cas d’attaque et assurer la protection de leurs troupeaux. Recevant les manifestants, le sous-préfet de Simbandi Brassou a salué le caractère pacifique et responsable de la marche. Il a promis de transmettre fidèlement le mémorandum à sa hiérarchie, tout en invitant les éleveurs au calme et à la collaboration avec les forces de défense et de sécurité en attendant des solutions durables à cette crise sécuritaire.

L’application de la peine de 10 ans exigée par les éleveurs     

D’après certains habitants interrogés, la promulgation d’une loi visant à protéger les agriculteurs contre le vol de bétail est devenue une nécessité. Ils appellent ‘’les magistrats à appliquer la loi votée à l’Assemblée nationale visant à mettre un terme à ce fléau’’. Selon toujours ces derniers, les peines doivent être revues à la hausse à l’encontre des voleurs de bétail, pour les porter à 10 ans au lieu de 2 ans. Sur un ton ironique, Ismaila Diatta, un jeune villageois, ajoute : ‘’Un agriculteur a été emprisonné, pour avoir défendu ses biens, en arrêtant un voleur et en le bastonnant avant de le présenter à la brigade de gendarmerie. Pourquoi ? Parce qu’au Sénégal, on dit que nul n’a le droit de se faire justice.’’ Les propriétaires de bétail éprouvent toutes les difficultés du monde pour rapatrier les bêtes retrouvées en territoire bissau-guinéen. C’est pourquoi les zones les plus touchées par le fléau demandent aux autorités bissau-guinéennes installées au niveau de la frontière, de plus collaborer pour faciliter la restitution des bêtes volées et retrouvées. ‘’On vous vole vos bêtes, vous vous mettez à leur recherche, vous retrouvez vos bêtes en Guinée-Bissau, mais vous avez tous les problèmes du monde pour les récupérer’’, explique Sirofo Sadio.  

L’Etat invité à assumer ses responsabilités

 Les éleveurs invitent, de ce fait, l’Etat et le ministère de l’Elevage à assumer leurs responsabilités, à aider les éleveurs à poursuivre leurs activités, à trouver les solutions à même de stopper les vols. Les différentes unités sécuritaires doivent poursuivre la lutte contre ce crime. Ils soulignent que les malfaiteurs doivent être arrêtés et que les réseaux soient également démantelés. Pour certains observateurs, ce phénomène nécessite la conjugaison des efforts de toutes les parties prenantes, à commencer par les éleveurs. Il a aussi évoqué la nécessité d’éviter le retard dans l’alerte aux forces de défense et de sécurité, en cas de vol. Faisant savoir que des enquêtes ont démontré que plusieurs vols ont eu lieu dans la même zone rurale.  L’arrondissement de Simbandi Brassou, comme certaines localités, de la région de Sédhiou attire un bon nombre d’ouvriers saisonniers généralement employés sans déclaration de leurs identités et de leurs lieux de résidence et qui sont souvent impliqués dans la planification des vols.

NFALY MANSALY

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