Publié le 4 Nov 2019 - 21:49
CHERTE DU LOGEMENT ET ACCES DIFFICILE POUR LES POPULATIONS

Enda Tiers-monde réclame une nouvelle approche

 

Cent mille logements en 5 ans, c’est le souhait du chef de l’Etat. Ce qui veut dire : construire 20 000 logements par an.  Le directeur pour le Relais du développement urbain d’Enda Tiers-monde, Malick Gaye, estime que le challenge est énorme pour un dispositif qui en produit, actuellement 5 000 par an. S’y ajoutent le coût et les garanties réclamés pour accéder à ces logements.

 

Au Sénégal, accéder au crédit logement devient de plus en plus compliqué. Surtout en milieu urbain. Cette problématique complexe commence aussi à affecter les capitales régionales. Face à une telle situation, le chef de l’État a décidé, avec le programme ‘’Un Sénégalais, un toit’’ de faire construire 100 000 logements sociaux au bénéfice des populations.

Dans la région de Thiès, notamment à Notto Diobass, les maisons-témoin commencent à sortir de terre. Seulement, pour cette politique, la cible n’est pas clairement définie et les prix sont déjà jugés exorbitants. La question a été débattue au cours d’un atelier de deux jours à Thiès, sur la recherche des indicateurs pertinents du développement durable.

Le directeur en charge du Relais du développement urbain à Enda Tiers-monde/Enda Rupp, Malick Gaye, estime que le vœu du président Macky Sall est réalisable, à une condition : ‘’Si on veut que les populations puissent accéder au logement, il faut qu’on arrête de leur demander individuellement de démontrer leur solvabilité. Car, il faut savoir que même le fonctionnaire n’est pas solvable au logement, à plus forte raison les Sénégalais qui ont les mêmes droits que les fonctionnaires et qui n’ont pas de bulletin de salaire.’’

Il faut dire que les questions relatives au logement, à l’accès au crédit logement, à l’eau, à l’assainissement, etc., concernent les Objectifs du développement (Odd) 6 et 11. Aux yeux de Malick Gaye, si tous ces indicateurs sont bien pris en compte, l’accès au logement va cesser d’être un fardeau pour des milliers de Sénégalais. ‘’Aujourd’hui, le logement est devenu le problème numéro un de chaque citoyen, eu égard à la cherté du crédit logement. Nous voulons démontrer que c’est seulement avec notre approche que le projet des 100 000 logements pourra se réaliser. Le Sénégal n’a jamais pu produire plus de 5 000 logements par an, sur l’ensemble des processus qui sont en cours. Ce que veut le président de la République, c’est 20 000 logements par an. Ce qui est une cible difficile pour ceux qui ont l’habitude de produire 5 000 logements. Ça devient une utopie, s’il n’y a pas de transformation (…)’’, insiste M. Gaye.

Retour aux matériaux locaux de construction

Poursuivant, l’architecte invite les Sénégalais à un retour aux matériaux locaux de construction. A son avis, cela peut contribuer aussi à alléger le coût du logement. ‘’Le Sénégal est pourvu de matériaux diversifiés. Si vous allez à Kédougou, vous ne voyez que l’habitat vernaculaire. Les murs sont en blocs latéritiques avec les liants en terre et une couverture en pente. C’est un type d’habitat bioclimatique. Un architecte qui gagne un marché à Kédougou et qui adopte bien ce type de construction, va pouvoir faire une amélioration pour un confort d’habitat moderne’’, plaide Malick Gaye.

La rencontre a vu la participation de plusieurs femmes membres de la Fédération sénégalaise des habitants et venant des régions de Dakar, Thiès et Louga. La présidente du groupement Suxxali Sunu Gokh, membre de la Fédération sénégalaise des habitants, de dire que leur souhait le plus cher, c’est de faire en sorte que beaucoup de femmes démunies puissent accéder facilement au logement. ‘’Nous, notre cible, c’est l’accès des femmes, qui sont dans le secteur informel, au logement. Donc, à nous de construire des villes par et pour les habitants.

La volonté du président de la République, c’est d’octroyer 100 000 logements aux habitants des bidonvilles. Nous sommes partie prenante à ce projet. D’ailleurs, nous voulons être des maitres d’ouvrage pour pouvoir octroyer des logements à notre cible qui est très démunie, très vulnérable’’, soutient Astou Mbengue, rappelant que, pour le matériel local, ses camarades et elle développent, depuis 2018, une filière typha dans la commune de Wakhinane Nimzat, dans le département de Guédiawaye, à Dakar. Celle-ci, ajoute-t-elle, sera bientôt transformée en briques.

GAUSTIN DIATTA (THIES)

 

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