Un Italien et ses complices écopent d’une peine ferme
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Le tribunal des flagrants délits de Dakar a condamné, hier, le ressortissant italien Nicolas Diamantidis à deux ans de prison dont un an ferme. Il est reconnu coupable du délit de tentative de mise en circulation de faux billets de banque. Quant à ses coprévenus Bineta Sall et Ibrahima Faye, ils ont écopé d’une peine de deux ans de prison dont un mois ferme pour complicité du chef de mise en circulation de faux billets de banque.
Venu au Sénégal, dit-il, pour le business, le ressortissant italien Nicolas Diamantidis va, hélas, passer une partie de son séjour en milieu carcéral.
En effet, reconnu coupable des délits d’association de malfaiteurs et de tentative de mise en circulation de faux billets de banque, il a écopé d’une peine de deux ans dont un an d’emprisonnement ferme. Ses complices, Bineta Sall et Ibrahima Faye ont eu plus de chance. Ils sont condamnés à deux ans d’emprisonnement dont un mois ferme. Ils faisaient tous face, hier, aux juges du tribunal des flagrants délits de Dakar. Ils étaient poursuivis des chefs d’association de malfaiteurs et de tentative de mise en circulation de faux billets de banque.
Il ressort du dossier que c’est suite à une dénonciation anonyme faisant état d’un réseau de trafiquants de faux billets que la dame Bineta Sall a été arrêtée. La coiffeuse, dans sa chute, emporte les nommés Ibrahima Faye et Nicolas Diamantidis.
Selon l’information reçue par les limiers, le gang recherchait activement une machine à confectionner de faux billets de banque.
Entendue en premier, Bineta Sall indique, à la barre, que Nicolas Diamantidis est son petit ami et qu’il a séjourné plusieurs jours chez elle, à Diamaguene. Elle soutient également que son hôte lui a demandé de lui trouver une machine à compter les billets de banque. Quand la machine fut disponible, elle déclare qu’elle a contacté Ibrahima Faye pour qu’il vienne assister son ami qui est étranger, pour qu’il ne soit pas grugé.
Interrogé à son tour, Ibrahima Faye corrobore les dires de sa coprévenue et précise qu’il entretient une relation strictement professionnelle avec Diamantidis. ‘’C’est durant le mois de ramadan que Nicolas m’a appelé pour me dire qu’il est chez Penda. Quand je suis allé chez cette dernière, elle m’a dit qu’elle se nomme Lamtoro. C’est à la police que j’ai connu son véritable nom. Elle m’a appelé pour me dire que des gens doivent remettre une machine à Nicolas pour que je vienne l’assister’’, s’est-il justifié.
D’une témérité obligeant la juge à le rappeler à l’ordre durant toute son audition, Nicolas Diamantidis conteste avec ferveur les faits qui lui sont reprochés. Le prévenu, la cinquantaine révolue, jure n’avoir jamais détenu dans sa vie de billets noirs. S’agissant de la machine qui a été mentionnée par sa petite amie, il précise que c’est une imprimante en couleur. A l’en croire, c’est une commande d’un de ses partenaires établis en Irak. Il reconnaît néanmoins avoir imprimé en couleur un billet de banque avec la machine. Pour justifier son acte, le prévenu, très agité, dit qu’il s’est plié aux désirs de son partenaire. Domicilié à la Sicap Foire, le comparant a fait tourner en bourrique les enquêteurs, dans le but de ne pas dévoiler son adresse. Même s’il s’est résigné à la révéler hier lors de sa comparution.
A ce propos, la représentante du ministère public estime que son attitude est bien réfléchie, car il ne voulait pas que les enquêteurs retrouvent des éléments qui peuvent l’enfoncer chez lui. D’après elle, les faits sont constants à l’endroit des prévenus et pour la peine, la substitut du procureur a requis deux ans d’emprisonnement ferme.
Peine sévère, selon les conseils des comparants Bineta Sall et Ibrahima Faye. D’après les avocats, aucun élément de preuve n’a été brandi pour étayer la culpabilité de leurs clients dans la mise en circulation des faux billets de banque. A cet effet, ils ont sollicité la relaxe.
Condamnés, tous les trois retournent à la citadelle du silence, où ils séjournent depuis le 12 mai 2021.
MAGUETTE NDAO