Publié le 3 Jun 2026 - 16:24
BLANCHIMENT DE CAPITAUX ET FINANCEMENT DU TERRORISME  

Les OSC formées contre les flux financiers illicites

 

Une quarantaine de représentants d’organisations de la société civile participent depuis hier à Saint-Louis à un atelier interrégional consacré à la prévention du blanchiment de capitaux et du financement du terrorisme. Organisée par le Conseil des organisations non gouvernementales d’appui au développement (CONGAD) avec l’appui de la coopération allemande à travers la GIZ, la rencontre vise à renforcer les capacités des acteurs associatifs face aux risques liés aux flux financiers illicites.

 

Saint-Louis accueille depuis hier une session de formation de deux jours dédiée à la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Une quarantaine de représentants d’organisations membres du Conseil des organisations non gouvernementales d’appui au développement (CONGAD) ainsi que d’ONG à but non lucratif prennent part à cette rencontre interrégionale destinée à renforcer les mécanismes de prévention et de vigilance au sein de la société civile.

L’initiative intervient dans un contexte marqué par une réduction progressive des financements internationaux accordés aux organisations de la société civile. Une situation qui, selon les organisateurs, accroît leur vulnérabilité face aux risques d’infiltration de réseaux criminels utilisant des structures associatives pour faire transiter des fonds d’origine douteuse.

« Avec la diminution des financements, nos organisations deviennent plus vulnérables. Or, les réseaux de blanchiment ciblent souvent les structures fragiles », a expliqué Malick Ndome, membre du Conseil d’administration du CONGAD. Selon lui, cette formation permettra aux participants de mieux identifier les sources de financement fiables et de renforcer leur conformité aux exigences réglementaires nationales et internationales.

Au-delà de l’aspect préventif, les organisateurs souhaitent également renforcer la crédibilité des organisations de la société civile auprès des partenaires techniques et financiers. Le président du comité technique a ainsi souligné que la formation vise à protéger les associations contre toute instrumentalisation par des réseaux criminels.

« Il s’agit de s’assurer que les associations accèdent à des ressources sûres et ne deviennent pas, à leur insu, des canaux de blanchiment d’argent », a-t-il indiqué, rappelant que la transparence financière constitue aujourd’hui un critère essentiel pour l’accès aux financements.

Les responsables du programme ont également insisté sur le contexte régional dans lequel s’inscrit cette initiative. Situé dans un espace sahélien confronté à des défis sécuritaires persistants, le Sénégal demeure exposé aux risques liés aux circuits financiers illicites et aux mécanismes de financement des groupes criminels ou terroristes. Cette réalité a conduit les autorités nationales, les organisations sous-régionales et les partenaires internationaux à renforcer progressivement les dispositifs de contrôle et de surveillance.

Présent à l’ouverture de l’atelier, Touradou Sow, conseiller technique à la coopération allemande GIZ, a rappelé que cette activité s’inscrit dans un programme plus large d’accompagnement du Sénégal dans la lutte contre les flux financiers illicites. Après plusieurs étapes organisées dans différentes régions du pays, la tournée de sensibilisation s’achève à Saint-Louis.

« Nous avons constaté un réel enthousiasme et une forte détermination des participants à mieux détecter les mécanismes de financement du terrorisme et de blanchiment d’argent », a-t-il déclaré.

Saluant les résultats enregistrés au cours des différentes sessions, le représentant de la coopération allemande a réaffirmé la volonté de la GIZ de poursuivre son partenariat avec le Congad afin de renforcer la transparence financière, la bonne gouvernance et la résilience des organisations de la société civile.

À travers cette initiative, les organisateurs espèrent doter les acteurs associatifs des outils nécessaires pour mieux faire face aux défis actuels et contribuer, à leur niveau, à la préservation de l’intégrité du système financier national.

Adama Sène (Correspondant Saint-Louis)

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