Publié le 17 May 2021 - 22:43
CONFLIT ISRAELO-PALESTINIEN

Les pro-Palestiniens se multiplient au Sénégal et dans le monde  

 

Depuis une semaine, le monde assiste à l'escalade du conflit israélo-palestinien. Devant la flambée de violence, notamment à Gaza, plusieurs organisations dans le monde, dont la communauté tidiane au Sénégal, affichent leur soutien aux Palestiniens. De son côté, la communauté internationale continue d’appeler au calme. Après la rencontre d’hier du Conseil de sécurité de l'ONU, les ministres européens des Affaires étrangères tiendront une rencontre demain.

 

Les affrontements sont meurtriers entre Israël et le mouvement islamiste du Hamas. Et la communauté internationale est plus que divisée sur la marche à suivre pour arriver à un cessez-le-feu. Aux tirs de roquettes sur Tel-Aviv répondent les frappes aériennes sur Gaza. Cette escalade militaire entre l’État hébreu et des groupes palestiniens de la bande de Gaza a déjà causé plus de 100 morts, depuis lundi dernier.

Au Sénégal, les réactions se multiplient. C’est le chef de l’Etat Macky Sall qui, le premier, s’est exprimé sur le drame qui s’y joue. ‘’Nous lançons un appel pour une désescalade, afin que la paix revienne et que les discussions saines et sereines puissent être engagées entre ces deux communautés, dans le respect du droit international’’, a-t-il, dans son adresse à la Nation jeudi, à l’occasion de la célébration de la fête de Korité. Il a rappelé que le Sénégal préside le Comité des Nations Unies pour la défense des droits inaliénables du peuple palestinien depuis 1976. Que, de ce fait, il est de son devoir de lancer cet appel.

Hier, la campagne sénégalaise pour la défense d’Al Qods et la Palestine a salué cette prise de position de Macky Sall qui ''condamne'' le recours à la violence sous toutes ses formes et appelle ''à la retenue, à la désescalade''. Ainsi, elle demande au Sénégal, en sa qualité de ''garant’’ des droits du peuple palestinien, et ce, depuis 1976, ‘’de convoquer l’ambassadeur sioniste d’Israël à Dakar pour lui exprimer la colère et la consternation des musulmans, de nos amis chrétiens et juifs non-sionistes de cette agression et de prendre une décision pour son expulsion du Sénégal''.

Dans ledit communiqué reçu à ''EnQuête'', elle  invite également la Cour pénale internationale (CPI) de diligenter une enquête ''sur des crimes de guerre perpétrés par les Israéliens dans les territoires palestiniens de nouveau, ce qui renforcerait celle ouverte début mars 2021 par la procureure générale de la CPI, Fatou Bensouda, qui avait précédemment déclaré qu'il y avait un fondement raisonnable de croire que des crimes avaient été commis par des membres des forces israéliennes, des autorités israéliennes, du Hamas palestinien et d'autres groupes armés palestiniens durant la guerre de Gaza de 2014’’.

Déjà, la ville religieuse de Tivaouane avait renouvelé sa ''solidarité’’ et sa ''position permanente'' avec le peuple palestinien dans sa lutte ''héroïque’’ contre l'occupation israélienne. En effet, le khalife général des tidianes, Serigne Babacar Sy Mansour, par le biais de Serigne Pape Youssoupha Diop, qui présidait sur Asfiyahi un plateau télévisé spécial Eid El Fitr, a appelé les dirigeants du monde à ‘’assurer la protection nécessaire au peuple palestinien et ses lieux sacrés’’. D’ailleurs, partout dans le monde, des gens manifestent pour afficher leur solidarité envers le peuple palestinien et ‘’dénoncer l’oppression dont sont victimes des habitants des territoires occupés’’.

De plus, des Sénégalais se sont donné rendez-vous, vendredi prochain, à la place de la Nation.

En France, 22 000 manifestants se sont rassemblés dont 2 500 à 3 500 à Paris, pour des manifestations pro-Palestiniennes, ce samedi, parfois en bravant l'interdiction des autorités, comme à Paris. Dans la capitale, des tensions ont éclaté entre manifestants et forces de l'ordre, rapporte BFM TV.  Aux États-Unis, des dizaines de milliers de manifestants ont défilé, samedi, dans les rues de Los Angeles, Boston, Philadelphie ou encore Washington.

 Le président américain, Joe Biden, a semblé pencher du côté d’Israël. Il a ainsi réaffirmé son ‘’fort soutien au droit d’Israël à se défendre contre’’ ces attaques menées par le mouvement islamiste ‘’et d’autres groupes terroristes à Gaza’’, selon un communiqué de l’Exécutif américain. Néanmoins, le président démocrate a aussi ‘’condamné ces attaques indiscriminées contre des villes à travers Israël’’.

En ce qui le concerne, Benyamin Netanyahou est apparu tard en soirée samedi à la télévision, affirmant avoir le soutien ‘’sans équivoque’’ de Joe Biden. Il faut dire que cette situation met mal à l’aise ce dernier qui n'avait pas pris d'engagement sur le conflit israélo-palestinien, depuis son accession à la Maison-Blanche. Il s’écarte du ‘’tout Israël’’ de Donald Trump, tout en hésitant à augmenter la pression sur Benyamin Netanyahou, par crainte de nuire aux efforts pour relancer l’accord sur le nucléaire iranien. Il a fait le choix d’axer davantage sa politique étrangère sur la Chine, au détriment du Moyen-Orient et de l’Europe.

Absence d’un véritable processus de paix

En tout état de cause, l’intensification du conflit entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas a poussé le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies à tenir, hier, une réunion publique en visioconférence sur le conflit. La session a été demandée par la Tunisie, la Norvège et la Chine.

Ainsi, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a appelé à ‘’une désescalade et une cessation des hostilités immédiates à Gaza et en Israël’’.  En outre, l’émissaire américain Hady Amr a tenu à rencontrer des dirigeants israéliens à Jérusalem et des responsables palestiniens en Cisjordanie occupée.

Du côté de l’Union européenne, les ministres des Affaires étrangères se réuniront en urgence, a annoncé un haut représentant de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Josep Borrell.

En effet, le bilan est lourd, après une semaine d’échanges de tirs meurtriers entre l’armée israélienne et le mouvement islamiste Hamas. Il fait état de plus de 170 personnes, en majorité des Palestiniens parmi lesquels 47 enfants et 1 200 blessés à Gaza. En Israël, dix personnes ont été tuées dont un enfant et un soldat, et 540 ont été blessées. Plus de 2 300 roquettes ont été lancées par des groupes armés palestiniens sur le territoire israélien, depuis lundi. Selon l’armée israélien, le bouclier antimissile ‘’Dôme de fer’’ a intercepté plus de la moitié de ces missiles.

Avant-hier, l’armée israélienne, Tsahal, a mené une frappe sur l’immeuble abritant les locaux de la chaîne de télévision qatarie Al-Jazeera et de l’agence de presse américaine Associated Press (AP) dans la bande de Gaza. Ce qui a fait réagir le chef du bureau d’Al-Jazeera en Israël et dans les territoires palestiniens, Walid al-Omari. Il a déclaré auprès de l’AFP qu’Israël a ‘’décidé non plus de causer des destructions et des morts, mais aussi de faire taire ceux qui le montrent’’. Tsahal, qui précise avoir prévenu les civils à l’intérieur de l’immeuble avant l’attaque, s’est justifiée. Elle a indiqué que des équipements militaires du Hamas, le mouvement islamiste au pouvoir dans l’enclave, se trouvaient dans la tour frappée par ses avions de combat. ''Le bâtiment abritait aussi les bureaux de médias civils, derrière lesquels le groupe terroriste Hamas se cache et qu’il utilise comme boucliers humains’’, s’est-elle défendue.

 Ces nouvelles violences en Israël et à Gaza sont dues à un "vide politique" et à un ‘’vide diplomatique’’, selon les spécialistes en géopolitique. Car, depuis Mathusalem, il n'y a pas de véritable processus de paix. Menée par Barack Obama, la dernière tentative, qui remonte à 2013, s’était soldée par un échec. Aussi, depuis février 2017, les Palestiniens dénient à Washington tout rôle de médiateur.

En effet, à l’époque, Donald Trump avait pris ses distances avec la solution à deux Etats, avant de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël. Les accords d’Oslo (septembre 1993) devaient ouvrir la voie à un Etat palestinien. Mais la Cisjordanie est toujours occupée, l'enclave de Gaza, aux mains du mouvement islamiste Hamas, est sous blocus israélien, et la colonisation israélienne a gagné du terrain.

BABACAR SY SEYE

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