Publié le 1 Dec 2012 - 09:45
COTE D'IVOIRE

Le "cas" Simone Gbagbo

 

Les autorités de Côte d'Ivoire sont divisées sur l'attitude à adopter après l'émission par la Cour pénale internationale (CPi) d'un mandat d'arrêt contre Simone Gbagbo.

 

La Cour pénale internationale (CPI) s'impatiente. Le 29 février dernier, elle a émis un mandat d'arrêt contre Simone Gbagbo, 63 ans, l'épouse de l'ancien président, détenue depuis avril 2011 à Odienné, dans le nord de la Côte d'Ivoire. Le bureau du procureur de la CPI l'accuse en effet d'avoir participé, à partir de novembre 2010, à un plan visant à maintenir son mari au pouvoir et d'avoir donné des ordres aux milices et aux forces de sécurité ciblant les partisans d'Alassane Ouattara.

 

Pour ne pas brusquer les autorités ivoiriennes, la CPI avait pris soin de leur adresser ce mandat dans la plus grande discrétion. Neuf mois plus tard, Abidjan n'ayant toujours pas répondu, la CPI a décidé de rendre public ce mandat. Quitte à mettre le chef de l'État dans l'embarras.

 

Soro menacé ?

 

Alassane Ouattara ne s'en cache pas... À l'exception de Laurent Gbagbo, il souhaite que les dignitaires de l'ancien régime restent au pays pour y être jugés. À cela, deux raisons. D'abord, la procédure ivoirienne est plus rapide. Si Simone Gbagbo, Pascal Affi Nguessan et les quelque vingt autres cadres pro-Gbagbo actuellement détenus en Côte d'Ivoire sont jugés et éventuellement condamnés à Abidjan dès le début de 2013, rien n'empêchera le président de prononcer ensuite quelques grâces bien ciblées pour amorcer un dialogue politique avec le Front populaire ivoirien (FPI).

 

Ensuite, la justice ivoirienne est moins exigeante. Si les époux Gbagbo sont livrés à La Haye, la CPI, dans un souci d'équilibre, risque de réclamer aussi le transfert d'au moins l'un des chefs de guerre pro-Ouattara soupçonnés de massacres en mars 2011, dans l'ouest du pays. En fait, dès juillet dernier, Guillaume Soro, le président de l'Assemblée nationale, a révélé sur RFI l'existence d'un mandat de la CPI contre Simone Gbagbo. Était-ce une façon d'inviter le chef de l'État à livrer l'ex-présidente du groupe parlementaire FPI ? Visiblement, le « cas Simone » divise à Abidjan.

 

Jeuneafrique

 

 

 

Section: 
MES CONSEILS AU DUO DIOMAYE-SONKO : Tout est possible !
Lettre ouverte à Monsieur Bacary Sarr, Ministre de la Communication et des Relations avec les Institutions, Porte-parole du Gouvernement
CONCERTATIONS NATIONALES : L’économie ne peut plus attendre
AU-DELÀ DES RÉFORMES : Refonder l’éducation sénégalaise pour bâtir le capital humain du XXIe siècle
SÉNÉGAL : Quand gouverner sans la majorité devient le défi démocratique
Petite reflexion sur la figure messianique au Sénégal
Au fond des pensées d’un homme
Abdoulaye Wade, ou la grandeur d’un destin sénégalais
De l’exigence de résultats et les raisons de douter
Observations*
Hommage au Professeur Mouhamadou Moustapha Kassé
Le sort des femmes, une préoccupation saillante dans le bilan du Président Wade
EROSION CÔTIÈRE : Extraction frauduleuse de sable marin, inaction locale de protection des plages et propositions
Le Président Wade à cent ans
DU SALOUM AUX MARCHES INTERNATIONAUX : Et si le prochain champion sénégalais était aujourd’hui un paysan ?
Requiem pour le Sahel ou le dernier voyage de Maurice Freund
BAMAKO AU BORD DE LA PARALYSIE : BLOCUS, PÉNURIES ET GUERRE ÉNERGÉTIQUE. Le sabotage de Manantali : un tournant dangereux dans la crise malienne
LE CHEMIN DE L’ESPOIR : Pour une relation Sénégal-France apaisée, souveraine et équilibrée
TURBO-RÉVOLUTION FINANCIÈRE AU SÉNÉGAL Entre orthodoxie du FMI, défi de la dette et explosion des alternatives endogènes
LE DESTIN DU PRÉSIDENT DIOMAYE : Entre démission et cohabitation forcée