Gala des jeunes reporters

Lors du 13ème gala de la Convention des jeunes reporters du Sénégal qui s’est tenu ce samedi, son président Mamadou Diagne a fait un vibrant plaidoyer pour ses membres. En cette période difficile pour la presse sénégalaise, peut-être l'une des plus difficiles de son histoire récente, a-t-il déclaré, "une génération, la nôtre, refuse de renoncer. Une génération continue de croire que l'information est un service public, même lorsqu'elle est produite dans des conditions privées de dignité. Une génération continue de partir sur le terrain, qui continue de vérifier les faits, qui continue d'écrire, de raconter le Sénégal et l'Afrique dans un monde exigeant face à des géants. Cette génération, ce sont les jeunes reporters. C'est nous".
Selon lui, les jeunes reporters vivent aujourd'hui une situation particulière. Ils sont entre le marteau et l'enclume. Entre le marteau de la précarité généralisée et l'enclume de l'exigence professionnelle. "Les autorités doivent assurer la protection, les patrons de presse, nos premiers alliés, doivent aussi aider à améliorer les conditions de travail et d'existence des jeunes reporters. On leur demande d'être excellents.
Mais souvent avec peu de moyens. On leur demande d'être indépendants. Mais parfois sans sécurité économique. On leur demande d'innover. Mais dans des rédactions qui peinent elles-mêmes à survivre. Et pourtant, ils continuent. C'est cela qui force le respect", a plaidé le président Diagne. Qui a conclu en lançant un appel. "Nous lançons ce soir un appel au dialogue. Un dialogue sincère, responsable et courageux. Nous avons besoin que les autorités et les patrons de presse se parlent davantage.
Nous avons besoin que les employeurs et les travailleurs trouvent des terrains d'entente. Nous avons besoin que chacun comprenne que la crise de la presse n'est pas la crise des journalistes. C'est la crise d'un bien public. Lorsqu'un média disparaît, ce n'est pas seulement une entreprise qui ferme. C'est une partie du débat démocratique qui s'éteint. Lorsqu'un journaliste abandonne le métier faute de perspectives, ce n'est pas seulement une carrière qui s'interrompt. C'est une compétence collective qui se perd."






