Liberté provisoire Mor Mbaye Cissé

Le journaliste de Seneweb, Mor Mbaye Cissé, a retenu, hier, d'une liberté provisoire après avoir passé vingt-quatre heures en garde à vue à la Sûreté urbaine. Poursuivi pour diffusion présumée de fausses nouvelles, il comparaîtra devant le tribunal des flagrants délits le lundi 29 juin. En attendant cette échéance, l'Association des Éditeurs et Professionnels de la Presse en Ligne (APPEL) appelle à l'apaisement et plaide pour un dialogue entre magistrats et professionnels des médias.
La procédure judiciaire visant le journaliste Mor Mbaye Cissé se poursuit, mais il retrouve provisoirement la liberté. Déféré mercredi devant le procureur de la République, le journaliste du groupe Seneweb a été remis en liberté provisoire après vingt-quatre heures de garde à vue.
Son procès est fixé au lundi 29 juin devant le tribunal des flagrants délits. À l'origine de cette affaire figure un article publié par le journaliste à propos de l'interpellation du fils d'un magistrat du Pool judiciaire financier (PJF), dans une enquête portant sur le vol de 100 millions de francs CFA. Lors de ses premières auditions, le mis en cause avait déclaré aux enquêteurs avoir soustrait l'argent dans l'armoire de son père. Ces propositions avaient été rapportées par Mor Mbaye Cissé. Par la suite, les investigations ont toutefois établi que les 25 millions de francs CFA retrouvés sur le suspect provenaient, selon les enquêteurs, du butin issue d'un vol en bande organisée et non des fonds appartenant au magistrat.
C'est la publication des premiers aveux du suspect, finalement contredits par la suite de l'enquête, qui vaut aujourd'hui au journaliste des poursuites pour diffusion présumée de fausses nouvelles. Quelques heures après la remise en liberté provisoire du journaliste, l'Association des Éditeurs et Professionnels de la Presse en Ligne (Appel) a publié un communiqué dans lequel elle se félicite de cette évolution tout en restant prudente. L'organisation indique s'être saisie du dossier dès le début de l'affaire et avoir entretenu des contacts permanents avec les autorités concernées.
...Elle remercie celles-ci pour « la tournure des événements » et exprime le souhait que l'audience du 29 juin permette de clore définitivement ce dossier. L'Appel rappelle également que « la liberté de la presse et le droit du public à l'information sont des piliers fondamentaux de notre démocratie » et souligne que l'exercice du métier de journaliste repose sur des principes d'éthique et de responsabilité. À propos de Mor Mbaye Cissé, l'association affirme qu'il est reconnu par ses pairs comme « un journaliste sérieux, rigoureux et respecté », ajoutant qu'il n'a jamais été pris à défaut dans l'exercice de sa profession.
Au-delà du cas individuel du journaliste, l'Appel estime que cette affaire doit servir de point de départ à une meilleure concertation entre les acteurs de la justice et ceux de la presse. L'association annonce ainsi vouloir engager un dialogue « franc et constructif » avec l'Union des magistrats du Sénégal (UMS). L'objectif affiché est de mettre en place un cadre de communication permettant d'éviter, à l'avenir, des incompréhensions susceptibles de détériorer les relations entre deux institutions considérées comme essentielles au fonctionnement de l'État de droit.
En attendant l'ouverture du procès, prévue lundi prochain, l'organisation assure qu'elle restera mobilisée et vigilante. L'affaire dépasse désormais le seul cas de Mor Mbaye Cissé. Elle ravive les interrogations sur l'application de l'infraction de diffusion de fausses nouvelles aux professionnels des médias, ainsi que sur l'équilibre à trouver entre les exigences de vérification de l'information, le respect de la présomption d'innocence et la protection de la liberté de la presse. Le jugement attendu le 29 juin sera suivi avec attention par l'ensemble de la profession, qui y voit un dossier susceptible de faire jurisprudence dans les rapports entre la justice et les médias au Sénégal.






