Les sages de Djilakh désavouent les jeunes
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Les populations de Djilakh sont divisées par le litige foncier secouant leur village et celui de Ndingler. Alors que les jeunes réclament leurs terres au patron de la Sedima et exigent la révocation du titre foncier, les sages du village ont rencontré la presse, ce weekend, pour entrer en porte-à-faux avec leurs déclarations.
Le problème des terres entre l’homme d’affaires Babacar Ngom, patron de la Sedima, et les villages de Ndingler et de Djilakh, connait un nouveau coup de théâtre.
En effet, suite aux déclarations des jeunes du village de Djilakh qui réclament leurs terres à l’homme d’affaires, les sages du village ont fait une sortie pour prendre leur contre-pied. Selon eux, les jeunes doivent faire profil bas et laisser les sages gérer ce problème. Dans ce cadre, ils ont avoué avoir donné ces terres, qui leur appartiennent, à Babacar Ngom pour l’intérêt des habitants du village. ‘’Babacar Ngom n'a pas pris de force les terres de Djilakh. C'est nous, les habitants de Djilakh, qui avons donné ce bien foncier à Babacar Ngom. Ces terres de Djilakh nous appartiennent. Ce projet fait notre affaire. Nos jeunes qui se trouvaient à Dakar, et sans emploi, sont tous revenus ici à Djilakh pour travailler dans ce projet de Babacar Ngom’’, a renseigné le porte-parole des sages, Djibril Diouf, lors d’une conférence de presse tenue ce weekend.
Il affirme qu’il y a encore des jeunes qui peinent à trouver un emploi et qui peuvent tenter leur chance avec la Sedima. Monsieur Diouf et Cie trouvent que les jeunes qui réclament le départ de l’homme d’affaires manquent d’arguments et sont ‘’immatures’’.
Ces populations de Djilakh crient à hue et dia et peinent à se retrouver. Si les ‘’sages’’ saluent les emplois créés, les jeunes disent ne percevoir aucun changement allant dans ce sens. ‘’C'est faux de dire que Babacar Ngom n'a pas respecté notre accord. Il nous a beaucoup aidés. J'ai 65 ans et j’étais maçon. C’est grâce à Babacar Ngom que mes fils ont pu trouver un emploi afin que je puisse me reposer’’, défend Djibril Diouf.
Sur cette lancée, il appelle les jeunes Djilakhois à ne pas se mêler de ce problème. ‘’Ces jeunes qui se mêlent de ce problème foncier n'ont jamais été témoins de l’installation des villages pour savoir à qui appartient ces terres. Ils sont beaucoup trop jeunes pour savoir qui est propriétaire et qui ne l’est pas. Aucun d'entre eux n'a 45 ans’’, indique M. Diouf.
Aussi, ajoute-t-il, ‘’Djilakh n’a demandé à aucun jeune de parler en son nom. Il assure que Djilakh a désigné ses porte-parole qui aident à la résolution de ce problème foncier.
IDRISSA AMINATA NIANG