Le feu couve encore à Dougar. A la base des problèmes, un litige foncier. Hier, le collectif des habitants de ce village situé à quelques kilomètres de Diamniadio, en compagnie de Y en a marre et du collectif Frapp/France dégage, faisaient face à la presse. Porte-parole du jour, le leader du Frapp, Guy Marius Sagna, a rappelé les multiples problèmes liés au foncier et sources de tensions dans plusieurs villes et villages du Sénégal. Marius Sagna appelle à l’arrestation de ceux qu’ils appellent ‘’les bandits du foncier’’. Sinon, prévient-il, le pays risque de s’embraser. ‘’Nous avons été surpris, choqués et scandalisés d’apprendre que la Dscos a mobilisé des gendarmes qui sont allés nuitamment entrer dans les maisons des habitants de Dougar en fracassant les portes, en démolissant les fenêtres pour en arrêter 34 personnes’’, a-t-il dénoncé.
Il trouve que cette violence excessive est inutile, surtout qu’elle est exercée sur des personnes qui, d’après lui, ont juste commis le crime de réclamer leurs terres.
‘’On a voulu les déshabiller pour habiller des Sénégalais et ils ont dit non. Et ce qu’ils défendent est légitime’’, a défendu Guy Marius Sagna qui désigne le président de la République comme étant le principal responsable de la situation qui prévaut à Dougar. ‘’Il lui incombe de prendre des décrets pour délimiter les zones où les investissements doivent se faire’’, argue-t-il. ‘’Le problème du foncier est une bombe qui, si elle explose, va détruire tout le Sénégal. Les bandits fonciers, de quelque bord qu’ils puissent être, doivent être arrêtés’’, insiste Marius Sagna. Il a peur que ces combats débouchent sur des conflits inter-ethniques.
Par ailleurs, depuis quelques années, les populations de Dougar réclament à la société Peacock-Investissement 159 ha de terres qu’elle leur aurait spoliées. Ces terres concernent deux titres fonciers de 73 et 86 ha appartenant pourtant à des personnes bien identifiées.