36 localités du Ferlo réclament la communalisation de Ndioth
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Vingt-sept villages et neuf hameaux de la commune de Aouré se sont levés comme un seul homme pour exiger la communalisation de Ndioth. Ces populations, qui se disent fatiguées de parcourir plus de 70 km pour trouver un extrait de naissance, déplorent l’absence d’écoles et d’infrastructures sanitaires de base dans leurs localités. Elles comptent organiser une manifestation d’envergure pour persuader le chef de l’Etat de signer le décret de la création de la 13e commune du département de Kanel.
La partie Ferlo du département de Kanel, nichée dans la commune de Aouré, est une zone totalement désœuvrée. Les populations parcourent plus de 70 km pour trouver le moindre document administratif. Les enfants de ces villages n’ont pas la chance d’aller à l’école, faute d’infrastructures scolaires, le slogan de fin des accouchements à domicile (VAD) n’y est qu’un concept creux, puisque les femmes donnent naissance à domicile, sans assistance médicale aucune. La structure de santé la plus proche se trouve à plus de 35 km.
Ce calvaire sans fin a décidé les 27 villages et 9 hameaux à se regrouper pour réclamer l’érection de Ndioth en commune. Leurs chefs de village, accompagnés par le mouvement Ferlo émergent, se sont donné rendez-vous à Ourossogui pour tenir leur point de presse. ‘’Nous nous adressons directement au président de la République, déclare d’emblée Thierno Hamidou Sow qui faisait office de porte-parole. Depuis des années, nous courons derrière la communalisation de Ndioth qui polarise 27 villages et 9 hameaux dépendant encore de la commune de Aouré. Ces populations font plus de 70 km pour trouver un extrait de naissance. Elles font 70 km pour aller à l’école. Monsieur le Président, au moment où vous prenez des décrets pour la départementalisation de Keur Massar, nous réclamons nous aussi la communalisation de Ndioth. Dans cette partie du pays, on ne s’y sent même pas sénégalais. Il n’y a aucune infrastructure, pas d’écoles qui devraient être construites par la commune. Il n’y a pas de dispensaires, il n’y a pas de routes bitumées. Nous voulons le développement’’.
La localité de Ndioth où les populations souhaiteraient voir installé le chef-lieu de commune, se situe à 25 km de la route nationale. En période d’hivernage, cette localité et les villages environnants sont coupés du monde par les eaux de pluie. La communalisation reste la seule voie de salut, si l’on se fie aux propos des chefs de village qui affirment avoir rempli toutes les formalités au niveau de la préfecture, dans le sens de cette communalisation.
Le département de Kanel, avec une superficie de 16 947 km2, compte le plus grand nombre de communes dans toute la région de Matam, avec 12 collectivités territoriales. Cette grande superficie est, à plusieurs niveaux, un handicap pour l’essor du terroir.
En effet, les villages sont éparpillés et sous-peuplés, rendant compliquée la construction d’édifices publiques. ‘’Le mode de vie des populations du Ferlo n’est pas facile à canaliser. Ce sont des populations qui, généralement, ne vivent pas en communauté. Il existe plusieurs villages qui ne comptent même pas plus de 10 concessions. Alors, ce n’est pas possible de construire une école pour chaque village. Les gens réclament la communalisation, mais ce n’est pas ce qui règlera les problèmes. Parce qu’une commune sans ressources ne pourra pas faire grand-chose, si ce n’est octroyer des extraits de naissance. Ce qui est (toutefois) une bonne chose’’, a ajouté un conseiller municipal de la mairie de Aouré.
Djibril Bâ