Publié le 11 Jun 2026 - 17:03
MONDIAL, MATCHS PREPARATOIRES

Entre doutes et réglages de dernière minute

 

À moins d'une semaine de son entrée en lice très attendue face à l'équipe de France le 16 juin, le Sénégal vient de boucler sa phase de préparation. Le moins que l'on puisse dire, c'est que les hommes de Pape Bouna Thiaw n'ont pas pleinement rassuré les observateurs. Entre une arrière-garde bousculée et une animation offensive en rodage, le chantier reste d'envergure pour le staff technique national. Bilan d'une préparation en demi-teinte.

 

Un bilan comptable mitigé et des incertitudes défensives

Une défaite et un match nul : c'est le bilan comptable, plutôt maigre, de cette phase préparatoire du Sénégal avant d'entamer sa Coupe du Monde. Au-delà des chiffres, c'est l'expression collective globale qui suscite le débat chez les supporters et les spécialistes.

Concernant la défense, secteur historiquement fort du football sénégalais, on peut affirmer que les inquiétudes inhérentes à la non-convocation de Malang Sarr se sont un peu confirmées lors des tests grandeur nature. Les Lions ont notamment pris l'eau en encaissant trois buts face aux États-Unis, révélant des largesses inhabituelles dans le placement et la transition défensive.

Pour autant, tout n'est pas à jeter et le staff technique dispose de quelques circonstances atténuantes. Ce passage à vide coïncide en effet avec un changement de système tactique expérimenté par le sélectionneur, mais aussi et surtout avec l'absence de certains cadres essentiels à l'identité de l'équipe, à l'image du portier Édouard Mendy ou encore du patron de la défense, Kalidou Koulibaly. Toujours est-il que, malgré ces excuses valables, encaisser autant de buts reste un point négatif majeur lors de ces rencontres amicales de haut niveau.

Une animation offensive qui cherche encore son second souffle

Le chantier ne se limite pas à l'arrière-garde. Si le Sénégal a réussi à trouver le chemin des filets à deux reprises, le contenu proposé en attaque laisse une impression d'inachevé. Malgré deux buts tous inscrits contre les États-Unis, soit un ratio d'une réalisation par match, on est en droit de s'interroger sur le secteur offensif.

Les schémas de jeu ont parfois manqué de fluidité, et la relation technique entre le milieu de terrain et la pointe de l'attaque a connu trop de déchets pour déstabiliser des blocs bien en place. À ce niveau de la compétition, le manque de réalisme et de créativité à l'approche de la zone de vérité pourrait se payer très cher.

Les compositions hybrides n’ont aussi pas aidé dans l’expression offensive de l’équipe. Contre les Etats-Unis, coach Diaw a aligné Sadio Mané, Nicolas Jackson et Habib Diarra sur le front de l’attaque, avant de terminer le match avec Assane Diao, Chérif Ndiaye et Pape Matar Sarr. Deux trios hautement improbables qui manquent clairement d’automatismes sur le front de l’attaque.

Contre l’Arabie Saoudite, il a démarré avec Sadio Mané, Iliman Ndiaye et Chérif Ndiaye, avant de faire rentrer Ismaela Sarr, Ibrahima Mbaye et Nicolas Jackson. Donc, jamais on n’a eu le trio Mané, Ismaela Sarr et Nicolas Jackson qui devrait débuter le Mondial.

D’ailleurs, quid de Iliman Ndiaye dans cette équation offensive ? Le feu follet d’Everton s’est montré peu à son avantage, lors des récentes sorties de l’équipe nationale, au contraire d’Ibrahima Mbaye qui ne cesse de dynamiter les défenses adverses, à chacune de ses apparitions sur le terrain.

Cap sur la France : Pape Bouna Thiaw prône la sérénité face à la bande à Mbappé

Face à la montée des critiques, le staff technique a décidé de faire front et de positiver. À la suite du match contre l'Arabie Saoudite, l'entraîneur Pape Thiaw a voulu tout de même rassurer tout le monde, refusant de céder à la panique ambiante. S’il regrette le manque d’efficacité offensive et certaines pertes de balle qui ont empêché le Sénégal de faire la différence, le technicien sénégalais se satisfait de la solidité défensive affichée par son groupe lors de cette ultime confrontation. « Nous n’avons pas été efficaces devant, mais nous n’avons pas encaissé de but. C’est un point positif », a-t-il déclaré.

Désormais, les calculs et les matchs amicaux appartiennent au passé. Les yeux des Lions de la Teranga sont totalement tournés vers le premier choc du Mondial contre la France, prévu ce 16 juin. Un baptême du feu face à l'un des ogres du football mondial qui servira de révélateur immédiat pour la sélection sénégalaise. « Nous allons affronter la meilleure équipe au classement FIFA, avec des atouts impressionnants. Mais nous avons aussi nos qualités et nous allons tout faire pour être prêts », a assuré le sélectionneur des Lions.

Le décor est planté : le Sénégal avance peut-être masqué et blessé dans son orgueil, mais la détermination reste intacte à l'aube du jour J.

MAMADOU DIOP

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