Publié le 9 May 2021 - 04:31
TIRAILLEMENTS AUTOUR DES 300 HECTARES DE TERRE DE SINDIA

 Les Djilakhois demandent aux autorités de délimiter les territoires en litige

 

En conférence de presse, hier, la population de Djilakh a réclamé une délimitation effective de son territoire et de celui de Ndingler. Une demande consécutive aux affrontements du 3 mai sur le site à polémique. Elle annonce à l’opinion publique que les terres appartiennent à Djilakh et s’en prend à Babacar Ngom, patron de la Sedima.

 

Le litige foncier autour des 300 hectares de terres cultivables de la commune de Sindia peine à être résolu. Après les affrontements du 3 mai entre la population de Ndingler et les agents de sécurité de l’entreprise Sedima (spécialisée dans la production et la commercialisation de poussins), le collectif pour la défense des intérêts de Djilakh demande la délimitation des différentes localités impliquées. ‘’Nous demandons aux autorités administratives de prendre leurs responsabilités. Elles ne doivent pas se limiter à un arrêté préfectoral. Il faut que les services techniques de l’Etat, particulièrement la Dscos (Direction de la Surveillance et du Contrôle de l'Occupation du Sol), envoient sur le terrain des agents, afin de délimiter définitivement les communes de Ndingler et de Djilakh’’, a déclaré son président.

‘’La violence n’est pas une solution. Nous pensons que la solution est administrative. La délimitation des zones est nécessaire pour que les populations de Ndingler sachent où se trouvent les limites. Ce qui permettra de mettre fin à cette histoire’’, insiste Djibril Sène.

Les violents affrontements de 2008

Ainsi, le collectif persiste et signe : les terres n’appartiennent pas à Ndingler.  Or, on se souvient qu’en juillet 2020, ses populations ont tenu tête à l’homme d’affaires Babacar Ngom, fondateur de Sedima, pour récupérer ces terres. La solution provisoire en faveur des agriculteurs n’est plus d’actualité, puisque le problème se pose, une fois de plus. A en croire, M. Sène des affrontements plus violents que ceux du 3 mai avaient eu lieu en 2008. Toujours autour de ce domaine.

Pour trouver des solutions, les autorités administratives et coutumières (l’adjoint au préfet de Mbour, des agents techniques, des présidents de commissions domaniales, des chefs de village, des présidents de communautés, des notables et d’autres personnes des arrondissements de Fissel, Séssène et Sindia) s’étaient rendues sur les lieux. ‘’Darou Gouye a été pris comme repère pour délimiter Sandiara, à gauche face aux sites de l’Anida ; Djilakh au nord dudit site et Ndiaganiao au sud du site. Toutes les personnes présentes, poursuit Djibril Sène, ont approuvé ce consensus inscrit dans le procès-verbal du 12 novembre 2008. La délibération sur les 300 hectares concerne intégralement et exclusivement le périmètre communal de Sindia et tous les villages environnants le savent. Il est vraiment difficile pour nous de voir Ndingler dire que ces terres lui appartiennent. C’est vraiment triste, parce que la situation prend des proportions inquiétantes. On se demande ce qui les anime, car on ne comprend ces tiraillements. Vraiment, on n’en a pas besoin et on leur demande de revenir à la raison’’.

Il se trouve que ce découpage n’a pas connu de suivi et donc les limites n’ont pas été matérialisées sur le terrain par les services techniques étatiques.

‘’Nous rejetons complètement l’offre de Babacar Ngom’’

Toutefois, pour les Djilakhois, le seul responsable de ces violences n’est autre que Babacar Ngom. L’homme d’affaires est accusé de saper la paix et la cohésion sociale entre les localités pour préserver ses intérêts. Il serait dans la posture de ‘’diviser pour mieux régner’’.  ‘’Cela ne passera pas. Le titre foncier de Babacar Ngom est illégal et illégitime, parce que la procédure d’attribution n’a pas été respectée. Selon la loi sur le domaine national, les zones de terroirs sont affectées aux membres de la communauté rurale qui assurent la mise en valeur et les exploitent. Tous les spécialistes dignes de foi savent que Djilakh est une agression des articles 7 et 8 de cette loi’’, détaille Djibril Sène.

Ainsi, poursuit-il, ‘’la population de Djilakh ne peut pas être dans une zone agricole et donner ses terres à un particulier, au détriment de ses agriculteurs. C’est une injustice à rétablir. Avant de parler de projet, nous réclamons le rétablissement de ce que nous considérons comme étant une escroquerie foncière, au regard de la loi, et nous rejetons complètement l’offre de Babacar Ngom. C’est inadmissible. Sur le même site l’Anida travaille avec 1000 personnes, sans pour autant détenir un titre foncier. Donc, si c’est uniquement pour investir, on n’a pas besoin de titre foncier’’, déclare le président du collectif.

EMMANUELLA MARAME FAYE

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