Publié le 14 Jan 2015 - 20:21
PERTURBATIONS DANS LE SUPERIEUR

La tutelle entre intransigeance et ouverture      

 

Face à la presse hier, le porte-parole du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche a soutenu que le projet de loi 18/2004 définit un cadre général pour plus de performance dans les universités. D’où l’appel au dialogue qu’il a lancé aux syndicalistes du SAES.

 

Le SAES en action, le ministère de l’Enseignement supérieur dans l’action. Suite à la série de perturbations orchestrées, depuis lundi, par le Syndicat des enseignants du supérieur, le ministère de tutelle a fait face à la presse hier pour apporter des éclairages. Tout porte sur la loi 18/2014 visant l’harmonisation, l’organisation et le fonctionnement des universités publiques, votée le 26 décembre dernier. Porte-parole du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, le Pr. Babacar Guèye s’est dit surpris que le SAES, dont le secrétaire général avait participé à la séance de travail qui a abouti à la création de cette loi, depuis 2011, puisse déclarer que la loi n’a pas fait l’objet de ‘’concertations préalables’’.

Ainsi, le ministère de tutelle a appelé les syndicats d’enseignants à la retenue et au dialogue. Le Pr Guèye a révélé que cet appel au dialogue a déjà été lancé à l’endroit du SAES, à travers la correspondance n°3186, en date du 12 décembre 2014, adressée par le ministre Mary Teuw Niane. Ce dernier appelait dans la correspondance le secrétaire général du SAES, Seydi Ababacar Ndiaye, à une reprise et à une finalisation des négociations interrompues depuis l’événement tragique du 14 août 2014. Le porte-parole du ministre de regretter : ‘’Il est sûr et certain que si cette lettre avait reçu une suite de la part du SAES, nous n’en serions pas là aujourd’hui’’. Il a tenu cependant à rappeler à l’opinion publique nationale et internationale que la loi en question a une histoire qui a débuté en 2011, c’est-à-dire bien avant l’arrivée du Pr. Mary Teuw Niane à la tête du ministère de l’Enseignement supérieur.

Il a aussi précisé que le projet de loi a été envoyé aux universités publiques pour recueillir leurs avis et observations, le 12 avril 2011, par le truchement du ministre en charge de l’Enseignement supérieur d’alors, le Pr. Amadou Tidiane Bâ. Après plusieurs réunions, a raconté le porte-parole de Mary Teuw Niane, une ultime séance de travail, tenue le 21 décembre 2011, a regroupé autour du Pr. Papa Guèye, directeur général de l’Enseignement supérieur de l’époque, les professeurs Abdou Karim Ndoye, Baye Dallaye Kane, Bhen Sikina Toguebaye, le représentant de la Banque mondiale Atou Seck et Seydi Ababacar Ndiaye, secrétaire général du SAES. Elle visait à élaborer la première version officielle de cette loi relative à la gouvernance des universités.

Un projet que Mary Teuw Niane a trouvé ‘’pertinent’’ en ce qu’il allait dans le sens de la décision numéro 3 du conseil présidentiel qui demande d’améliorer le pilotage du système d’enseignement supérieur et de recherche et de réformer la gouvernance des établissements publics d’enseignement supérieur.

Ouvrir les universités sénégalaises au monde socio-économique

La loi est également opportune, selon le porte-parole du ministre, en ce qu’elle ‘’permet enfin d’harmoniser la gouvernance administrative, financière et académique des universités publiques qui avaient jadis chacune son propre cadre législatif et réglementaire, ce qui posait de sérieux problèmes de pilotage du système’’. Cette loi permet également, dit-il, dans le cadre de la mise en place de la réforme LMD, d’ouvrir l’université au monde du travail, afin de faciliter la professionnalisation des différentes filières et de lutter contre le chômage des diplômés, mais aussi et surtout de doter le Sénégal des ressources humaines de qualité dont il a besoin.

Revenant sur le principal point d’achoppement, notamment la création d’un conseil d’administration, le porte-parole du ministre a révélé que cette entité sera composée de 20 personnes dont 10 issues du monde socio-économique et 10 autres du monde universitaire. ‘’Il s’agit d’ouvrir l’université au monde extérieur pour pouvoir juguler le problème de finance qui se pose avec acuité dans le milieu universitaire’’, a informé Babacar Guèye.

Dans la même veine, il a confié que l’université de Ziguinchor est en train de démarcher le directeur du CNCA pour présider son conseil d’administration. Au moment où l’université de Bambey a pris langue avec le directeur de la SUNEOR. De nos jours, souligne le porte-parole du ministre, l’université a tout à gagner en se rapprochant du monde professionnel. C’est le cas de plusieurs universités aux Etats-Unis, à Tokyo et à Londres où les conseils d’administration des universités publiques sont presque essentiellement composés de personnalités du monde socio-économique.       

AMADOU NDIAYE