Macky demande au gouvernement de préparer le terrain
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Plan de circulation, dégagement des contraintes liées à l’exploitation du Ter. Le président de la République veut voir rouler son train, avant la fin de l’année.
Inauguré depuis janvier 2019, en pleine campagne électorale pour la Présidentielle, le Train express régional (Ter) n’a toujours pas été mis en exploitation. Mais plus que quelques mois à attendre. La promesse est encore du président de la République qui se donne jusqu’à la fin de l’année pour lancer son train, infrastructure-vedette de son passage à la tête du pays.
En recevant les cahiers de doléances des centrales syndicales, le 1er Mai 2021, Macky Sall avait déjà évoqué cette question. En Conseil des ministres hier, il a invité son gouvernement à préparer le terrain. En ce sens, il a demandé au ministre des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavement, de veiller à la levée de toutes les contraintes liées à l’exploitation commerciale du Ter, au plus tard en novembre 2021.
Il n’y a pas que sur les rails que le transport urbain dans la capitale doit être modernisé. Car le président de la République signale, également, ‘’l’urgence de réviser, dès à présent, les plans de circulation dans la capitale, au regard de l’accroissement significatif du parc automobile et des impératifs de sécurité et de modernisation du système de transport, avec l’entrée en service du BRT (Bus Rapid Transit)’’.
Restant sur la route, le chef de l’Etat a repris la direction de Diamniadio. Cette fois-ci sur l’autoroute à péage. Après sa sortie polémique sur la question, Macky Sall veut maintenant finaliser l’accord juridique, dans une dizaine de jours (le 15 mai 2021) concernant la renégociation de la concession de l’autoroute Dakar – Diamniadio - AIBD et des propositions d’entrée du gouvernement au capital de la Société Eiffage de la concession de l’autoroute de l’Avenir (SECAA SA), avec le gel jusqu’en 2025 des tarifs de péage sur cet axe.
Rencontres trimestrielles avec les syndicats
Le président de la République est revenu sur la remise des cahiers de doléances des centrales syndicales, samedi dernier. Ceci, pour rappeler ‘’à chaque ministre sectoriel, l’impératif de rencontrer, au moins une fois par trimestre, les organisations syndicales de son département, afin d’assurer la prise en charge optimale des revendications, dans le respect des engagements de l’Etat et des équilibres budgétaires et financiers’’. En même temps, il a réitéré son attachement à la protection sociale des travailleurs, notamment ceux évoluant dans les secteurs particuliers (santé, nettoiement, hydrocarbures, mines, presse).
Le chef de l’Etat a souligné, à cet effet, la nécessité de l’application effective de la Convention nationale interprofessionnelle, ainsi que des conventions collectives signées (presse, nettoiement) ou à finaliser (agriculture, élevage, mines, etc.) pour davantage réguler les relations de travail.
Concernant le secteur des médias dont les protagonistes ont tenu lundi dernier un sin-tin national contre les violences faites à l’égard de cette corporation, le président de la République a insisté sur l’impératif de veiller à la liberté de la presse et à la protection du métier de journaliste et des autres professionnels relevant du Code de la presse.
Après le dialogue national et le dialogue politique, Macky Sall souhaite remettre le cap sur le dialogue social. C’est en ce sens qu’il a demandé, en particulier, au ministre du Travail, en relation avec le Haut conseil du dialogue social, de lui faire parvenir, avant le 15 juin 2021, un plan national de renforcement du dialogue social. D’ici la fin de l’année 2021, le chef de l’Etat souhaite l’intensification de la préparation de la tenue de la troisième conférence sociale.
A moyen terme, Macky Sall a invité le ministre du Travail, du Dialogue social et des Relations avec les institutions à finaliser avec le patronat et les centrales syndicales le nouveau pacte de stabilité sociale et d’émergence économique (2021-2025). Une des missions sera ‘’l’urgence de renforcer le dialogue social dans la Fonction publique, notamment dans les secteurs de l’éducation, de la santé et de l’enseignement supérieur, où il est indiqué l’urgence de la finalisation consensuelle des décrets d’application de la loi sur les universités publiques’’.
L’emploi des femmes et des jeunes est une question sociale qui reste également prioritaire, pour le gouvernement. A cet effet, le chef de l’Etat a demandé aux ministres en charge de l’Emploi, de l’Economie et du Travail d’engager, en relation avec les ministres sectoriels, les opérations spécifiques relatives au recrutement spécial (par département et par commune) des 65 000 jeunes ciblés. En outre, il invite le ministre en charge de l’Emploi à procéder à la décentralisation intégrale dans les départements des dispositifs du Fonds de financement de la formation professionnelle et technique (3FPT) et du Fonds de formation école-entreprise, le ministre de la Jeunesse procédera de même avec l’ANPEJ et le Service civique national.
Le président de la République a informé le Conseil des ministres sa décision de faire de la Der/FJ (Délégation de l’entreprenariat rapide des femmes et des jeunes), le guichet unique de financement de l’autonomisation économique des femmes et des jeunes avec, désormais, la fixation selon des critères économiques et sociaux déterminés, d’une enveloppe globale, indicative des financements destinés à chaque département.
Lamine Diouf