Avortement clandestin

En 2022, l'ONG PP Global, en collaboration avec la Task force, a mené une étude pour évaluer la situation des femmes incarcérées au Sénégal pour cause d'avortement ou d'infanticide. Cette étude avait également démontré que sur 37 établissements pénitentiaires, seuls quatorze abritaient des femmes incarcérées pour infanticide ou avortement clandestin au moment de l'étude.
Sur un total de 244 femmes détenues, 59, soit (24,18%) ont été concernées par l'objet de l'étude, 54 soit 22,13% sont poursuivies pour infanticide et 5 soit 2% pour avortement clandestin. Sur le nombre total de celles poursuivies pour les faits il y a 54 soit 91,5% pour l'infanticide et 5 soit 8,5% pour l'avortement clandestin. Ces informations, ont été fournies hier par Aicha Manga, Action 4 change. C'était lors d'un atelier à l'endroit des journalistes.
D'après elle, le crime d'infanticide est souvent la conséquence de situations discriminatoires ou de violences préexistantes, notamment de grossesses issues d'actes de violences sexuelles (violations, inceste, pédophilie). ''Au vu des conditions dans lesquelles il se passe et des conséquences qui en découlent, l'avortement clandestin est un danger réel pour la vie de la femme et de la fille et est un véritable problème de santé publique'' at-elle rappelé.
Les défis selon elle, sont la redéfinition du concept d'avortement médicalisé en langue nationale et les implications du non accès au droit à un avortement médicalisé.
L'information et la sensibilisation large des populations sur l'article 14 du Protocole de Maputo, l'implication de toutes les catégories sociales notamment les autorités religieuses et traditionnelles, les leaders d'opinion, les dirigeants communautaires, la communication avec les parlementaires et la publication du protocole de Maputo. ''L'avortement clandestin est un réel problème de santé publique. Il coûte cher à l'individu, à la société et au pays en termes de dépenses sanitaires qui pourraient être réinvesties ailleurs.
Elles sont combien de femmes et de jeunes filles qui continuent à payer des soins et traitements fréquents, à faire face à la prise en charge de séquelles à vie, de traumatismes moraux et psychologiques, parce qu'elles se sont un jour frotté à l'avortement clandestin ? Combien de drames familiaux successifs à avoir comme toile de fond l'avortement clandestin ? Quelle est la part de l'avortement clandestin dans la difficulté à atteindre les OMD notamment ceux 4 et 5 ?'' a expliqué Aicha Manga.







