Les vraies raisons d’une tension

Le président de la transition et son Premier ministre ont été interpellés hier, par des militaires et conduits au camp de Kati, d’où le putsch contre Ibrahim Boubacar Keïta était parti, en août dernier. La composition du nouveau gouvernement venait à peine d’être annoncée sur les antennes de l’ORTM que la situation à Bamako est subitement devenue tendue. Des mouvements de troupes ont été observés au camp militaire de Kati, à une quinzaine de kilomètres de Bamako, ainsi que dans plusieurs points de la capitale.
Selon nos sources, à l’origine de ce subit accès de tension, il y a la formation de la nouvelle équipe gouvernementale. Lors d’une réunion qui s’est tenue à Kati, la principale question qui a été posée est : ‘’Qui de Moctar Ouane, secrétaire du gouvernement, et de Bah Ndaou a supprimé des noms sur la liste du gouvernement qui a été rendue publique ?’’. En effet, souligne-t-on, la liste de 24 ministres n’est pas celle qui a été validée, la veille au soir. Qu’il y avait 36 ministres sur la liste, hier matin. ‘’Elle a été truquée’’, renseigne notre interlocuteur.
De ce fait, lors de la réunion, la junte a posé une condition : le maintien de trois ministres (Sadio Camara, Alousséini Sanou et Modibo Koné). ‘’A défaut, elle demande la dissolution du gouvernement, la démission du Premier ministre et la formation d’un nouveau gouvernement dont le Premier ministre sera choisi par la junte’’, renseigne notre source.
Dans un premier temps, le Président de la république Bah Ndaw avait refusé et menacé de démissionner, si le Premier ministre Moctar Ouane s’en va. ‘’Actuellement, il y a une discussion encours avec la médiation des représentants de l’EU, de l’ONU et de la MINUSMA’’, dit-on. Mais, plus tard, on a appris que le PM Moctar Ouane a finalement rendu le tablier et que le Président a nommé Soumeylou Boubeye Maiga au poste pour former un gouvernement de large ouverture.
Avant ces négociations, le Comité local de suivi de la transition composé de la Cedeao, de l’Union africaine et de la Minusma avec des membres de la communauté internationale, y compris la France, les USA, le Royaume Uni, l’Allemagne et l’Union européenne, avait exprimé ‘’sa profonde préoccupation’’ face à cette situation. Ils ont ‘’fermement’’ condamné cette tentative de coup de force et exigé la libération immédiate et inconditionnelle des autorités. Ces acteurs disaient réaffirmer leur ferme soutien aux autorités de la transition et demandaient que la transition reprenne son cours. Une délégation de la Cedeao est attendue, aujourd’hui.