Publié le 10 Jun 2021 - 01:41
MISSION D’INTERVENTION DE L’ONU AU MALI

Eclairages sur les actions du bataillon des Sénégalais 

 

Le temps de la célébration de la journée mondiale des casques bleus, les éléments sénégalais de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (Minusma) ont partagé quelques informations sur leur quotidien, dans le maintien de la paix au pays de Modibo Keïta. 

 

Beaucoup d’aprioris, d’incertitudes, de suppositions accompagnent l’intervention des forces défenses et de sécurités sénégalaises au Mali sous le couvert de l’Organisation des nations unies (Onu). Malgré une présence de 10 ans dans les opérations de maintien de la paix au niveau de ce pays frontalier, les activités du bataillon sénégalais de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (Minusma) restent assez peu connues du peuple. En marge de la célébration de la Journée mondiale des Casques bleus, l’organisation a saisi l’occasion, en rendant hommage à ces militaires bleus qui dédient leur vie à la paix et à la stabilité au Mali, de remédier à cette situation. Ceci, à travers une séance interactive en ligne, entre les Casques bleus sénégalais et les journalistes de leur pays, « pour expliquer, dans les détails, leur quotidien au front, en appui aux Maliens ».

Pour la première fois, une porte a été ouverte pour s’engouffrer dans la vie des casques bleus sénégalais déployés dans le centre du Mali dans la zone de Ségou et de Mopti. Et qui de mieux que le Commandant du bataillon sénégalais pour expliquer le quotidien de cette aventure, parfois périlleuse, en pays frère ? Surtout, lorsqu’ils ne sont pas tout le temps les bienvenus dans les théâtres d’opérations. « L’acceptation du contingent par les populations est un défi majeur pour la Minusma. Sur les secteurs couverts par le bataillon sénégalais, il y a plus d’opinions favorables que de sceptiques. Mais, il ne faut pas se voiler la face, cela reste quand même un défi majeur de faire accepter la Minusma », renseigne le Colonel Théodore Adrien Sarr.

Cela n’ébranle pourtant pas le désir du devoir accompli. Car, les missions ont beau être difficiles, rassure le Colonel Sarr, « nous sommes en mesure de les exécuter. Dans la vie au quotidien, le moral est maintenu à travers les activités sportives, les départs en permission, les challenges entre les unités. Le moral est bon ». Et les résultats parlent d’eux-mêmes. L’intervention de la représentante spéciale adjointe, chargée du milieu politique de la Minusma, est un témoignage assez expressif. « Nous sommes très fiers de la contribution du Sénégal. J’ai été témoin de leur implication dans le centre du Mali. Le soutien politique, militaire et moral est très important. Ils sont présents dans la police, l’Unicef, le Pam (Programme alimentaire mondial), les diplomates etc. Je voudrais les saluer et les rassurer de mon implication pour que la cohérence entre ces piliers soit de plus en plus améliorée », a déclaré Johanne Adamson.

« Nous sommes très fiers de la contribution du Sénégal »

A l’image de l’Adjudant Angélique Sylva, ce bataillon compte 27 femmes. C’est déjà le plus grand nombre de femmes comprises dans un contingent au Mali. « Il n’y a pas de quota, explique l’adjudant Sylva. Nous sommes de différentes spécialités et sommes sélectionnées en fonction des besoins. C’est la qualité qui est recherchée en priorité », explique l’assistante sociale au sein de la Minusma. La résolution 13/25 du Conseil de sécurité des Nations unies opte, tout de même, pour une intégration beaucoup plus importante des femmes dans les opérations de maintien de la paix. Elle incite également les Etats à inclure les femmes dans les postes de responsabilité. 

La présence des casques bleus ne répond pas qu’à un besoin de sécurisation militaire. Dans sa zone d’influence, le bataillon sénégalais est principalement chargé de la planification des actions d’influence sur le terrain. Ce qui peut aller du don de médicaments sur une localité aux consultations gratuites dans une autre, sans oublier l’appui dans le transport des vivres pour les ONG ou les autorités locales, pour légitimer l’action de la Minusma. Il coopère beaucoup avec les forces de défense et de sécurité maliennes dans le partage d’informations.

Mais à l’image de sa relation avec la force Barkhane (intervention française au Mali), ils n’ont jamais collaboré dans des opérations de terrain. Sans être membre du G5 Sahel, le Sénégal est tout de même le deuxième contributeur de cette force, avec un effectif de 1 305 soldats.

Commandant de la deuxième compagnie mécanisée du dixième détachement sénégalais au Mali, le Capitaine Baba Diop a insisté, pour justifier l’apport des Nations unies au Mali, sur le fait que la paix reste le principal moteur de développement. Pour servir dans « un pays avec lequel on a partagé une histoire commune », c’est donc « un honneur pour nous de fournir des efforts pour venir en soutien au Mali ». Surtout au moment de diminuer l’influence des principaux protagonistes armés que sont la katiba Macina et celle de Serma. Les deux organisations sont affiliées au Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans, considéré comme terroriste.

« La menace terroriste est prise très au sérieux par les autorités sénégalaises »

En même temps que les attaques djihadistes, le Mali connaît des tensions communautaires entre les milices d’autodéfense peuls et dogons. Le point culminant de cette rivalité est le massacre d'Ogossagou, le 23 mars 2019, avec un bilan d’au moins 157 morts, selon une enquête de la Minusma. Il a été perpétré par des chasseurs Dogon contre un village peul. Depuis ces événements malheureux, un contingent sénégalais a été détaché sur place et veille à la sécurisation des lieux. 

L’instabilité persistante dans le Sahel et la proximité avec le Mali font que beaucoup de Sénégalais s’inquiètent de la situation sécuritaire qui pourrait concerner le pays. Une peur légitime. Mais le Colonel Théodore Adrien Sarr tente de rassurer. Même loin de la zone frontalière, il rappelle que les autorités sénégalaises s’activent à prévenir ce qui pourrait se passer à la frontière : « C’est dans ce cadre que la manœuvre Falémé 2020 (exercice militaire) se focalisait entièrement sur des risques d’action terroriste à l’intérieur du territoire sénégalais. Cette menace est prise très au sérieux par les autorités et les forces de défense et de sécurité sont en train de tout faire en amont pour juguler d’éventuelles actions contre notre pays ».

Muet sur les questions politiques maliennes, le colonel Sarr tire un bilan plutôt positif des dix années de présence du contingent sénégalais au Mali. « On n’a pas encore eu d’allégations de cas d’actions contraires aux principes des Nations unies. Les actions opérationnelles sont saluées, aussi bien, par les populations que par le commandement », justifie celui qui a déjà été opérationnel en République Démocratique du Congo et en Côte d’Ivoire. 

Lamine Diouf

 

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