Publié le 5 May 2022 - 16:08
DE RETOUR AU SENEGAL DEPUIS 7 ANS

Le parcours tumultueux de Ciré Sall 

 

De retour au Sénégal depuis sept ans, Ciré Sall faisait partie des jeunes qui ont tenté l’émigration. De la Côte d’Ivoire à la Turquie, en passant par le Niger et la Grèce, il retrace son parcours, partage ses regrets et parle de sa nouvelle vie.

 

Les Sénégalais sont de grands voyageurs devant l’Eternel. Aujourd’hui, pour beaucoup de jeunes, tous les moyens sont bons pour rallier l’outre Atlantique. Ainsi, ils n’hésitent pas à prendre des pirogues. L’an dernier, les statistiques faisaient état de plus de 500 Sénégalais morts dans la Méditerranée. 

Ciré Sall, un jeune migrant de retour au pays, fait partie de ces milliers de jeunes qui voulaient rallier les îles Canaries.  Menuisier-ébéniste, il a pris volontairement la décision de revenir au Sénégal en 2016. Depuis, il évolue dans une structure privée.

A l’époque, se souvient-il, quand il avait pris la décision de quitter le pays pour la première fois, il s’était dit qu’émigrer est un droit universel. Il a d’abord exploré la Côte d’Ivoire.  ‘’Quand j’étais en Côte d’Ivoire, où j’ai vécu pendant plus de 10 ans, j’avais une bonne situation financière. Ce qui me permettait de venir régulièrement au Sénégal. J’ai, après, pris la décision de rallier l’Europe. Ainsi, je suis parti au Niger. De là, j’ai eu mon visa pour partir en Grèce, avant de rallier la Turquie. J’ai passé cinq mois en Turquie. Rien ne marchait pour moi. C’était terrible. J’ai alors décidé de revenir en Côte d’Ivoire pour continuer mon travail’’, se souvient-il.

Selon lui, aujourd’hui, il regrette d’avoir dépensé plus de 2 millions pour l’obtention d’un visa pour la Grèce. Rien n’expliquait ce choix, vu qu’il était dans de bonnes conditions en Côte d’Ivoire. ‘’J’ai emprunté la voie terrestre. Ainsi, je voulais me rendre en Italie. Je suis passé par le Niger. J’ai tenté de rallier la Libye, mais cela n’a pas abouti. C’était très dur. Je ne peux pas tout expliquer. Avec les coupeurs de route, c’était entre maltraitance et vol des biens et/ou d’argent. C’était compliqué. A un certain moment, en Turquie, je me suis retrouvé sans le sou. J’ai travaillé sur des chantiers pendant des semaines. Pour prendre mon argent, c’était compliqué. Il fallait faire d’interminables négociations et prier pour être payé’’, a soutenu Ciré Sall.

D’après lui, lors de ses différents voyages, il était en compagnie de plusieurs personnes. Il y avait une forte communauté africaine. Il a voyagé avec des Guinéens,  des Sénégalais, des Burkinabé, des Ivoiriens, des Maliens, etc. C’était la solidarité entre eux.

‘’Un ami avec qui j’étais s’est pendu, car il ne supportait plus les difficultés’’

Sur sa décision de revenir au pays, il l’explique par le fait qu’autant, il a le droit de voyager, autant de revenir si cela ne marchait pas. ‘’Quand j’ai su que l’émigration ne me réussissait pas, j’ai pris la décision de rentrer au bercail, et advienne que pourra.  En sus de cela, depuis mon retour, je suis en train de conscientiser des jeunes qui veulent voyager dans des conditions similaires. Je suis revenu en 2016. Mon intégration n’était pas facile. Je suis parti voir la Direction des Sénégalais de l’extérieur pour leur parler de mon cas, mais cela n’a pas abouti. Je suis, par la suite, allé taper à la porte d’une association qui travaille dans le secteur de l’émigration. Je fais des causeries sur mon vécu, mais aussi comment trouver des solutions pour la réintégration et la réinsertion des migrants’’, a indiqué Ciré Sall.

Il ajoute : ‘’Pour moi, j’ai réussi ma réinsertion, car je m’en sors très bien grâce à Dieu. Quand j’étais en Côte d’Ivoire, un ami avec qui j’étais s’est pendu, car il ne supportait plus les difficultés auxquelles il était confronté. Cela, je l’ai très mal vécu. Les souvenirs sont toujours dans ma tête. Je peux dire que c’est comme une blessure qui peine à se cicatriser. Il y a fait plus de sept ans et rien ne marchait. D’autres aussi ont rejoint le milieu de la drogue. Ils sont devenus irrécupérables. Aujourd’hui, je rends grâce à Dieu, car je suis sauvé de tous ces vices. Je suis devenu une personne influente dans mon quartier.’’

Concernant sa participation à la lutte contre l’émigration irrégulière, il a sa propre recette secrète. Elle consiste à expliquer aux jeunes qu’on ne doit plus voyager par la mer, car elle tue. Par voie terrestre aussi, car c’est risqué. Mais si l’on décide de le faire, il urge, selon lui, de chercher des papiers en bonne et due forme. ‘’On ne peut pas dire à quelqu’un de ne pas  voyager, mais  on peut lui dire de le faire dans les conditions requises. Il faut aussi qu’on s’informe sur le pays d’accueil. Le gouvernement, pour sa part, doit  former les jeunes, les financer et les conscientiser sur les méfaits de l’émigration irrégulière. Ainsi, on pourrait gagner le pari de ce fléau qui est en train de faire des morts, sans oublier les conséquences au niveau des familles qui ont des proches disparus en mer’’, a conclu Ciré Sall.  

CHEIKH THIAM

Section: 
SAINT-LOUIS : MARCHÉ DU SUCRE : La CSS défie les importateurs et met l’État face à ses responsabilités
LAS D’ATTENDRE LA LIVRAISON DE LEUR MARCHÉ DEPUIS 2018 : Les 2 300 impactés menacent de paralyser le TER
SENELEC - TENSIONS AUTOUR DE LA PRAB : Les syndicats lancent leur plan d’action lundi
GRÈVE GÉNÉRALE CE VENDREDI : Échec des négociations, le mot d’ordre maintenu
Conflits sociaux au Sénégal
Trafic de drogue
Ousmane Ibrahima dia prend les commandes du CORED
MORT D'ABDOULAYE BÂ À L'UCAD - 3 AGENTS DU COUD MIS EN EXAMEN : L'intersyndicale crie à l'injustice
JUSTICE – PROCÈS DE JÉRÔME BANDIAKY : Le parquet requiert cinq ans de prison ferme contre le "Sniper"
LUTTE CONTRE LE TRAFIC D’ÊTRE HUMAIN DANS 59 PAYS : 2 070 victimes identifiées et 1 024 suspects interpellés
INFRASTRUCTURES À THIÈS : Entre modernisation et défis de maintenance
AFFAIRE DU PRÉSUMÉ DÉTOURNEMENT À LA CAISSE DE SÉCURITÉ SOCIALE : Mame Thierno Birahim Bob veut un procès ou une liberté provisoire
RUMEURS D’UNE RENCONTRE AVEC LE CHEF DE L’ÉTAT : Le Codeps rejette toute participation à des discussions avec Diomaye Faye
Tentative de meurtre sur un vigile
MAINLEVÉE DES SUSPENSIONS SUR LES LOTISSEMENTS : L'URD salue une décision "d'équilibre" et appelle à plus de transparence
Gendarmerie mobile
VISITE DE TERRAIN AU MARCHÉ SANDAGA : La sécurité érigée en priorité par le ministre de l'Intérieur
RÉVISION CONSTITUTIONNELLE : Enjeux d’un recours “inédit”
FRONT SYNDICAL POUR LA DÉFENSE DU TRAVAIL : Le FSDT maintient la pression avec une grève générale le 10 juillet
Détention et usage de haschisch