L'intersyndicale crie à l'injustice

L'enquête sur la mort d'Abdoulaye Ba connaît un tournant judiciaire. Cinq mois après le décès de cet étudiant en deuxième année de médecine, survenu le 9 février dernier à l'Université Cheikh Anta Diop (Ucad) de Dakar, trois agents du Centre des œuvres universitaires de Dakar (Coud) ont été inculpés pour « homicide involontaire » et « non-assistance à personne en danger ». Placés sous contrôle judiciaire, ils devront désormais répondre de ces chefs d'accusation devant la justice.
Cette décision intervient au terme de plusieurs mois d'investigations destinées à établir les circonstances exactes de la mort du jeune étudiant, décédé au plus fort des affrontements ayant opposé les forces de l'ordre aux étudiants qui réclamaient le paiement de leurs arriérés de bourses.
Dans une précédente communication, le procureur de la République avait conclu que la victime était décédée des suites d'une chute du quatrième étage d'un bâtiment du campus, écartant la thèse d'un décès provoqué directement par des violences policières.
Au Coud, la décision judiciaire est loin de faire l'unanimité. Réunie en assemblée générale, l'intersyndicale des travailleurs a exprimé son indignation et apporté un soutien sans réserve aux trois agents poursuivis. Pour Emmanuel Sène, membre de l'intersyndicale, les travailleurs mis en cause n'ont aucune responsabilité dans le drame.
« Ce qui s'est passé le 9 février à l'université, les agents du Coud n'en sont nullement responsables. Au contraire, nous avons sauvé des vies. Nous avons bravé les gaz lacrymogènes », a-t-il déclaré devant ses collègues.
Les représentants du personnel estiment que les vidéos tournées le jour des affrontements permettraient d'établir les véritables responsabilités. Ils demandent que l'ensemble des images soit exploité par les enquêteurs avant toute conclusion définitive.
Au-delà du soutien aux trois agents, l'intersyndicale dénonce des poursuites qu'elle juge prématurées.
Selon elle, les travailleurs du Coud sont injustement désignés alors que les circonstances du décès demeurent au cœur de l'information judiciaire.
Les syndicalistes réclament le respect de la présomption d'innocence et assurent qu'ils accompagneront leurs collègues tout au long de la procédure. Sans dévoiler la nature des actions envisagées, ils annoncent une mobilisation pour défendre les agents mis en examen et, selon leurs termes, « faire éclater la vérité ».






