Migration irrégulière

Les départs persistent malgré les campagnes de sensibilisation, les dispositifs institutionnels et la coopération sécuritaire. C’est le constat dressé par Action pour les Droits Humains et l’Amitié (ADHA), dans un communiqué daté du 28 octobre et signé par son président, Adama Mbengue. L’organisation y dénonce « l’essoufflement des politiques de dissuasion » et réclame des résultats mesurables.
À l’appui de cette prise de position, ADHA fait état de l’arrivée de près de 1 000 migrants aux îles Canaries les 22 et 23 octobre, après plusieurs jours en mer. Parmi eux figuraient, selon le communiqué, des Sénégalais, des Gambiens et des Maliens, ainsi que des femmes et des mineurs. Pour l’association, ces nouvelles arrivées imposent de réexaminer l’efficacité des réponses apportées à la migration irrégulière. Son reproche porte sur une approche qu’elle juge excessivement centrée sur la dissuasion et le contrôle des frontières.
Ces leviers ne peuvent, à eux seuls, répondre aux causes profondes des départs, estime-t-elle. ADHA demande ainsi une évaluation transparente des moyens, des performances et de l’impact des dispositifs tels que le SILMI, les BAO/BAOS et les structures chargées de l’emploi des jeunes. Pour l’organisation, la multiplication des programmes ne suffit pas à démontrer leur efficacité.
...Elle exige des autorités sénégalaises un bilan public des stratégies migratoires et une réorientation des financements vers des solutions durables, assorties d’objectifs mesurables. L’emploi décent, la formation, l’insertion professionnelle et l’accès aux opportunités économiques doivent, selon elle, occuper une place centrale dans cette réorientation.
Son argument : les appels à renoncer aux traversées dangereuses doivent s’accompagner de perspectives crédibles pour les jeunes dans leur pays. ADHA interpelle également les partenaires européens. Elle appelle l’Espagne à garantir le secours en mer, des conditions d’accueil dignes et le respect des garanties juridiques, notamment le principe de non-refoulement.
À l’Union européenne, elle demande de dépasser une coopération principalement axée sur le contrôle migratoire, en renforçant les voies de migration régulières et sûres ainsi que le soutien au développement et à l’insertion des jeunes. L’association défend par ailleurs une lutte ferme contre les réseaux de passeurs et les trafiquants, tout en mettant en garde contre une criminalisation indistincte des migrants et les atteintes à leurs droits fondamentaux. Elle invite les États concernés à fonder leur gouvernance migratoire sur la transparence, la responsabilité et le respect effectif des droits humains.






