Journalistes et imams explorent l'espace

À Toubab Dialaw, depuis ce lundi, l’Agence sénégalaise d’études spatiales (Ases) a réuni journalistes, astronomes et chefs religieux pour un atelier de formation. Une initiative inédite visant à démocratiser la culture scientifique, à apaiser les débats liés aux observations célestes et à faire de l'espace un levier de développement et de souveraineté pour le Sénégal.
Un petit pas pour l'homme, mais un grand pas posé par l’Agence sénégalaise d'études spatiales en vue d'outiller la presse et les religieux pour une meilleure connaissance du domaine spatial. Car les amalgames rôdent souvent dans les alentours. Le plus courant parmi tous reste la confusion faite entre « astronome » et « astrologue ».
Mais selon le directeur général de l'Ases, il faut d'abord s'arrêter assez brièvement sur le domaine en question : « L’importance des sciences spatiales, de l’astronomie en particulier, n'est plus à démontrer. Même si le continent africain a accusé du retard dans le domaine, on essaie aujourd’hui de rectifier le tir. À ce jour, 23 pays en Afrique, parmi lesquels le Sénégal, se sont dotés d’agences en charge de la chose spatiale. C'est dire les objectifs que nous nous sommes assignés depuis la mise en place de l'Ases », lance le directeur général de l'Ases, Maram Kaïré.
Il poursuit : « Afin d'atteindre ce but, il était nécessaire d'initier ce type de programme : réunir deux mondes que la transmission du savoir unit, afin de vulgariser au mieux l'importance de l'astronomie ». Par ailleurs, M. Kaïré a soutenu que ce séminaire, devant s'étendre sur trois jours, n'était que la première fusée d'une série qui va s'étaler sur les années à venir.
Emboîtant le pas au patron de l'agence spatiale, le conseiller technique a explicité la pertinence de convier les médias à prendre part à cet événement : « Pourquoi les journalistes ? Je crois que la réponse coule de source. Les acteurs de la presse, a priori, ne savent pas, ils font savoir », introduit Adama Sow. Puis il développe : « L’objectif de ce séminaire peut être divisé en trois parties. Dans un premier temps, nous cherchons à conduire le journaliste vers une meilleure maîtrise du domaine spatial. Ensuite, il s'agira de renforcer son esprit critique sur le sujet et, enfin, nous voudrions qu’au sortir de ces trois jours de conclave soit mis en place le tout premier réseau des journalistes spécialisés en sciences spatiales. Nous voulons concrètement construire une organisation debout et fonctionnelle ».
Enfin, pour sa part, le délégué général aux affaires religieuses s'est arrêté sur la genèse de ce projet : « Cette initiative est une matérialisation de la collaboration entre la Délégation générale aux affaires religieuses et l’Agence sénégalaise d’études spatiales. Il s’agit de donner un aperçu sur l’astronomie. Je rappelle par ailleurs que ce séminaire est un avant-goût d'un important événement que nous comptons tenir sur la lune au Sénégal, dans la mesure où cet astre est directement inhérent à nos différentes fêtes religieuses, la Korité et la Tabaski notamment », conclut M. Dramé.
MAMADOU DIOP






