Publié le 2 Sep 2019 - 12:18

Abdoul Mbaye

 

‘’Si c’était à refaire, il est certain que je n’aurais pas accepté, sachant que j’allais trouver ça. Si aujourd’hui, par exemple, on me refait la proposition, je dis non. C’est clair et net’’. Les propos sont d’Abdoul Mbaye qui, aujourd’hui, regrette sa nomination comme chef du premier gouvernement de Macky Sall nouvellement élu en 2012. Il a été nommé Premier ministre le 3 avril 2012 avant d’être limogé le 1er septembre 2013. Six ans après, le leader de l’Alliance pour la citoyenneté et le travail (Act) est habité par des regrets. ‘’Avoir eu l’opportunité de servir mon pays et mes compatriotes, évidemment cela ne peut pas donner lieu à des regrets.

Mais je vous avoue que compte tenu de ce qui s’est passé tout de suite, et dont je n’étais pas informé, je fais notamment allusion à cette affaire Petro-Tim, c’est vrai que je nourris quand même quelques regrets’’, a déclaré Abdoul Mbaye à l’émission ‘’Jury du dimanche’’ de iRadio. Avant de poursuivre : ‘’Il y a des fonctions qui vous font entrer dans l’histoire. Il est important de laisser une belle marque. Malheureusement, au vu de toute l’énergie que je suis en train de déployer aujourd’hui pour justifier le sens d’un contreseing, pour indiquer que j’ai été mêlé, malgré moi, à cette lamentable affaire, je m’en serais peut-être passé.’’

...Par ailleurs, l’actuel opposant est revenu sur les raisons qui l’avaient poussé à travailler aux côtés de Macky Sall. ‘’A l’époque, nous étions dans un contexte totalement différent. Un contexte du discours tenu par le président Macky Sall, qui avait un caractère exceptionnel et qui avait trompé tout le monde, qui était celui que tout le Sénégal attendait, y compris la communauté internationale’’, se remémore Abdoul Mbaye. Qui ajoute : ‘’A l’époque, j’avais une longue carrière de banquier, de financier, de responsabilités au sein du patronat. 

Je pense avoir un pedigree qui peut justifier que j’ai accepté. Par contre, ce qui est exceptionnel, c’est que, pour la première fois dans l’histoire du Sénégal, un Premier ministre n’était pas fonctionnaire, un homme politique (…) Je considère que le président avait besoin d’un soutien important, particulier pour contribuer au redressement de l’économie sénégalaise, à la remise en marche de l’économie, selon de nouveaux paradigmes qu’il avait annoncés, la fin de la gabegie, la gestion sobre et vertueuse. Le fait de mettre le sens d’un Etat avant l’appartenance à un parti politique.’’

L’autre argument, c’était l’engagement pris par le président Macky Sall de réduire son mandat à 5 ans, bien qu’étant élu pour 7 ans. ‘’C’était un engagement incroyable qui, à mes yeux, apparaissait comme une sorte de pilier pour tout le reste. J’étais fier de Macky Sall’’, soutient M. Mbaye. Et d’ajouter pour s’en désoler : ‘’Il a remis en question cet engagement et surtout utilisé le Conseil constitutionnel pour le justifier, alors que quelques semaines avant cela, il m’avait confirmé qu’il allait réduire son mandat, mais rien ne pressait et qu’il était important de changer la Constitution par référendum.’’

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