Publié le 12 Nov 2013 - 17:52
APRÈS LE MEURTRE D'UN FRANÇAIS

 C'est la psychose à la cité Ouakam Mamelles !

 

Le meurtre d’un ressortissant français, survenu dimanche, a plongé la cité Ouakam Mamelles dans la peur. Partagés entre craintes et angoisses, les habitants souhaitent en finir avec ce ‘‘cauchemar criminel’’ qui menace leur quiétude légendaire.

 

Hier 15 heures, à la cité Ouakam Mamelles, les rayons du soleil brûlent la route défectueuse qui mène à l’intérieur de la cité. L’air y est pesant, des badauds s’empressent de traverser la rue, souvent imités en cela par les rares voitures qui y circulent à vive allure. Depuis le meurtre d’un vieux français  du nom de François Gaillard (voir notre édition de lundi), dans la nuit du samedi au dimanche «à la suite d’un cambriolage qui apparemment a mal tourné», il règne un silence assourdissant et un climat de méfiance teinté de craintes au sein de la cité, précise un proche voisin.

«Collectionneur de motos de course»

Portes et volets fermés, le quartier s’est réveillé avec la gueule de bois et toujours ivre de stupeurs et d’interrogations. Les rares voisins rencontrés dans la rue se réfugient dans le silence ou derrière leurs portes qui restent désespérément fermées. «No Comment, nous n’avons rien à dire sur cette affaire !» s’exclament certains habitants derrière de lourds portails entrouverts. Le nuage ocre que soulèvent les passages de voiture a manqué de déposer sa poussiéreuse cargaison sur la vieille maison à la couleur blanchâtre où trône le nom du défunt locataire. «L’enquête étant en cours au niveau de la Gendarmerie, je ne pourrai donc pas me prononcer avant sa conclusion», dit le propriétaire de la maison.

L’atmosphère macabre donne une allure funeste à la devanture jonchée de feuilles mortes que surplombent des arbres mal entretenus. De vieilles voitures poussiéreuses laissent découvrir l’effigie d’un Touareg avec le logo du célèbre Rallye Paris-Dakar. Non loin de là, des jeunes discutent de ce meurtre devant un magasin. «C’était un locataire sans histoire qui était en bons termes avec les habitants du quartier. Il était grand amateur de motos de sport et quand il se baladait avec son fils de 6 ans, il prenait langue avec des habitants du quartier, parfois même en (langue) wolof», s’exclame Moussa Kanté, un des voisins de François Gaillard. Ce propriétaire de boutique d’objets d’art a décidé de briser l’Omerta. «Je pense même qu’il était collectionneur de motos de course», réplique un des amis. Faudrait-il chercher le mobile de l'assassinat du ressortissant français vers cette piste ? C’est une option que nos jeunes commerçants n’ont pas osé franchir.

«Sans histoires, souvent ivre, mais ce n'était pas méchant»

16 heures, les rayons de lumière continuent de déchirer l’air suffocant du voisinage. Des maçons saupoudrés de ciment s’emploient à tirer une charge de sable sur une vielle traille grincheuse qui, de temps en temps, rompt le silence ambiant. «C’est la première fois que je rencontre ce genre d’histoire  ici (…) Hier, nous avons été surpris de voir débarquer les secouristes et la Gendarmerie, qui étaient venus récupérer le corps de la victime», déclare Modou Ndiaye, maçon de son état. A une centaines de mètres de là, les conversations vont bon train dans le magasin du  quartier.

«C’était une personne d’âge avancé à qui je donnerai la cinquantaine, et qui vivait seul avec son fils. Il venait faire ses courses chez moi. Je ne lui connais aucune inimité dans le quartier, c’était un voisin très charmant. Il est bien vrai qu’il était parfois ivre et se laissait aller à quelques excès pas du tout méchants», révèle Mamadou Diallo, boutiquier dans le quartier depuis trois années.

Les rayons du soleil couchant qui disparaissent peu à peu, par-delà les Mamelles, sont autant de signes annonciateurs d’une nouvelle ‘‘nuit d’angoisse et de peur’’ pour les habitants de la  cité.

 

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