Publié le 19 Nov 2015 - 20:35
ATTENTATS

Retour sur l'opération antiterroriste à Saint-Denis

 

Une opération d'envergure a été menée, ce mercredi 18 novembre au matin, à Saint-Denis, au nord de Paris. L'assaut de la Brigade de recherche et d'intervention (BRI) et du Raid a conduit à la mort d'au moins deux personnes – « peut-être davantage », selon le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve – et à huit interpellations. Du côté des forces de l'ordre, on compte cinq blessés et un chien de la brigade canine est mort. Les forces de l'ordre cherchaient notamment Abdelhamid Abaaoud, soupçonné d'avoir organisé les attentats de Paris vendredi dernier. Ce dernier, ainsi que Salah Abdeslam, ne font pas partie des huit personnes interpellées.

Au cours d’une conférence de presse, le procureur de Paris François Molins a fait le point sur l’enquête des attentats de Paris et sur les derniers éléments apportés par l’assaut d’un appartement, dans la nuit de mardi à mercredi, rue Corbillon à Saint-Denis.

Un témoignage concernant Abdelhamid Abaaoud

C’est un témoignage recueilli lundi 16 novembre qui a conduit les enquêteurs Saint-Denis. Selon ce témoignage, le coordinateur présumé des attentats de Paris, Abdelhamid Abaaoud, se trouve en France. L’appartement était désigné comme une possible planque utilisée par le jihadiste.

Aussi connu sous le nom d'Abou Omar, ce Belge de 28 ans a rejoint l'organisation Etat islamique début 2013 et il est soupçonné d'être derrière plusieurs projets d'attentats visant la France. Abaaoud n’a pour l’instant pas été retrouvé. Il ne fait pas partie des huit personnes interpellées à l’issue du raid.

L’assaut

L’assaut a été déclenché à 4h20 dans la nuit de mardi à mercredi. Il a été mené par les hommes du Raid en association avec ceux de la Brigade de recherche et d’intervention (BRI). Ils s'attendaient à tomber sur deux personnes, il y en avait en fait cinq. Cinq membres du Raid ont été blessés dans l’attaque. L’opération a nécessité l’utilisation de fusils d’assaut, de tirs de sniper, de grenades offensives et d’explosifs.

En résistant aux explosifs des forces d’ordre, la porte blindée de l’appartement a permis aux terroristes d’organiser leur riposte. Des tirs nourris ont alors été échangés. Le procureur de Paris évoque plus de 5 000 munitions utilisées du côté de la police.

Vers 4h45, le Raid parvient à interpeller trois terroristes. Placés immédiatement en garde à vue, on ne connaît pas encore leur identité. A la suite de ces arrestations, une détonation a retenti. Elle a été provoquée par une kamikaze qui a activé son gilet d’explosifs. Des débris de son corps ainsi que la dépouille criblée de balle d’un autre homme ont été découverts.

« A 4h30, on a été réveillé par une explosion, témoigne Stéphanie, une habitante du quartier. Comme c'était dans la rue, l'immeuble a vibré. Un peu comme tout le monde, on a regardé par les fenêtres. Et puis, il y avait la police qui nous disait de s'éloigner des fenêtres. On a entendu entre 4h30 et 5h l'enchaînement des tirs et des explosions. Ça s'est un peu calmé et ensuite ça a repris. A 7h30, c'est le dernier moment où il y a eu 6 ou 7 explosions, puis plus rien. »

Huit interpellations, au moins deux morts

Huit personnes ont été interpellées suite à l’assaut. Les trois premiers individus dans l’appartement, puis deux personnes tentant de se cacher sous les gravats, suivis de l’homme qui a fourni le logement aux jihadistes, une femme l’accompagnant ainsi qu’une de ses connaissances. Tout comme Abdelhamid Abaaoud, l’un des auteurs des attaques dans les Xe et XIe arrondissements, Salah Abdeslam, ne font pas partie des ces huit personnes.

La kamizaze et un homme touché par des grenades et des projectiles sont décédés. Pour l’heure, aucune de ces personnes n’a été identifiée. Selon une source proche de l'enquête citée par l'agence Reuters, elle serait une cousine d'Abdelhamid Abaaoud.

En raison de la destruction partielle de l’immeuble, le travail des équipes de recherche a été ralenti. Pour continuer, il leur faut consolider certaines parties menaçant de s’effondrer. D’autres corps sont encore susceptibles d’être retrouvés dans les débris.

(rfi.fr)

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