Macky Sall plaide pour une réforme en profondeur et se positionne en partenaire des États-Unis

L’ancien président sénégalais Macky Sall, candidat pressenti au poste de Secrétaire général des Nations Unies, a affiché son soutien à une réforme de l’Organisation, tout en appelant à un rôle central des États-Unis dans sa transformation. Dans un entretien accordé à un média américain, il s’est inscrit dans une logique de refondation du système multilatéral, qu’il juge aujourd’hui perfectible.
Au cœur de son propos : la nécessité de rendre l’Onu « plus efficace », en rationalisant son fonctionnement et en renforçant sa capacité d’action face aux crises contemporaines. Macky Sall reprend à son compte l’idée d’une organisation à « revitaliser », estimant que les préoccupations exprimées par Washington sur les dysfonctionnements de l’institution doivent être prises en compte. Selon l’ancien chef de l’État, l’Organisation souffre d’un empilement de mandats et de lourdeurs administratives qui nuisent à son efficacité. Il évoque plus de 40 000 mandats accumulés depuis sa création, dont certains gagneraient à être réévalués ou supprimés.
Il plaide ainsi pour une meilleure coordination entre agences, la réduction des chevauchements de compétences et une maîtrise accrue des dépenses. L’objectif affiché : optimiser les ressources et améliorer l’impact des interventions de l’Onu sur le terrain. Dans cette optique, il suggère également une réorganisation administrative, incluant un redéploiement de certaines fonctions vers d’autres sièges onusiens moins coûteux que New York, ainsi qu’un recours accru aux technologies, notamment l’intelligence artificielle, pour moderniser les procédures internes.
Macky Sall s’est également montré critique à l’égard de certaines opérations de maintien de la paix, en particulier en Afrique, qu’il juge parfois coûteuses et peu efficaces sur le long terme. Il appelle à un changement de paradigme, privilégiant la diplomatie préventive afin d’éviter l’enlisement de missions sur plusieurs décennies. Pour lui, une action en amont des crises permettrait de réduire les coûts humains et financiers tout en améliorant les résultats. Sur les enjeux sécuritaires, le candidat insiste sur la nécessité pour l’Onu de jouer un rôle plus structurant dans la lutte contre le terrorisme, notamment en Afrique et au Moyen-Orient.
Concernant les migrations irrégulières, il met en avant l’importance d’agir sur les causes profondes, en favorisant le développement économique et la création d’opportunités dans les pays d’origine. Une approche qu’il inscrit dans une logique de responsabilité partagée à l’échelle internationale. Pour appuyer sa candidature, Macky Sall met en avant son expérience à la tête du Sénégal durant douze ans, mais aussi ses fonctions passées à l’échelle continentale et internationale, notamment à la présidence de l’Union africaine et de la Cedeao. Il insiste sur sa capacité à dialoguer avec les grandes puissances, évoquant ses relations avec plusieurs dirigeants mondiaux, et estime que la crise actuelle du multilatéralisme est en partie liée à un déficit de confiance entre États.
Dans ce contexte, il se présente comme un acteur capable de favoriser le dialogue et de rapprocher les positions. Enfin, Macky Sall défend l’idée d’un engagement durable des États-Unis au sein de l’Onu, rappelant leur rôle historique dans la création de l’Organisation et leur position de premier contributeur. Il estime que les réformes à venir doivent se faire en concertation avec Washington, tout en impliquant l’ensemble des États membres. À quelques mois de l’échéance pour la désignation du prochain Secrétaire général, cette prise de position illustre les lignes de force de sa candidature : une ONU réformée, plus efficiente, et fondée sur un nouvel équilibre entre les grandes puissances et les pays du Sud.






