Publié le 3 Nov 2016 - 13:26
CRIMES COMMIS CONTRE LES JOURNALISTES

RSF met à nu l’agissement des ‘’prédateurs’’

 

Reporters sans frontières (RSF) a répertorié à travers le monde 35 ‘’prédateurs’’ qui s’en prennent aux journalistes sans être inquiétés. Leurs profils sont dressés avec le nombre de victimes à leurs tableaux de chasse, leurs techniques d’attaques, leurs cibles, etc.

 

Hier, c’était la journée mondiale contre l’impunité des crimes commis contre les journalistes. A cette occasion, Reporters sans frontières a publié sur son site ‘’une sombre galerie de portraits de 35 chefs d’Etat, hommes politiques, chefs religieux, milices et organisations criminelles qui censurent, emprisonnent, torturent ou assassinent les journalistes. Ces prédateurs sévissent pour la plupart depuis des années, voire des décennies’’, lit-on sur leur site. Ainsi, pour dénoncer l’impunité de leurs crimes, RSF établit pour chacun de ces prédateurs, une fiche décrivant leurs techniques d’attaque privilégiées, leurs bras armés, leurs cibles favorites, leur discours officiel (entre menaces et dénis) et leur tableau de chasse.

 Les fiches rappellent aussi pour chacun d’entre eux le score piteux de leur pays au classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF’’. La compilation est baptisée ‘’prédateurs de la liberté de la presse’’ avec en tête de liste le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi. Telle une carte d’identité, sa fiche de présentation contient sa photo. Dessus, il y a également la date de son élection et celle du début de ses agissements en tant que prédateur. ‘’Les journalistes sont arrêtés en nombre, notamment quand ils couvrent des manifestations. Les détentions préventives sont longues, suivies généralement de condamnations à de lourdes peines de prison (y compris à la perpétuité).

La loi antiterroriste d’août 2015 impose aux journalistes de respecter la version officielle lors de la couverture d’attentats, au nom de la ‘’sécurité nationale’’. Quant aux expulsions de journalistes étrangers, elles sont légion’’. Ainsi est décrite la technique d’attaque du président égyptien. Sur son tableau de chasse figurent l’assassinat de 6 journalistes et l’emprisonnement d’au moins 27 autres. Les services de sécurité constituent son bras armé. Al Sissi serait dans le déni total et cible tout médium soupçonné d’avoir des liens avec les Frères musulmans. Aujourd’hui l’Egypte occupe la 159e place du classement de RSF.

Si Al Sissi ouvre la liste, le Président Yaya Jammeh la clôt. ‘’Guérisseur, médecin ayant prétendument percé les mystères du sida, de l’obésité et de l’érection, le maître incontesté de la Gambie met tout en œuvre pour prolonger son règne dictatorial jusqu’à sa mort. Peu de doute persiste sur le fait qu’il ait commandité, en 2004, l’assassinat de Deyda Hydara, ancien correspondant de l’Agence France-Presse (AFP) dans le pays et directeur du trihebdomadaire The Point. Ce journaliste était surtout l’auteur d’une chronique très critique à l’égard du pouvoir intitulée ‘’Good morning Mister President’’. Un autre journaliste, Chief Ebrima Manneh, du Daily Observer, a été arrêté et emprisonné en 2006. Depuis, plus personne ne l’a revu. L’Etat nie le détenir et affirme qu’il est vivant’’, indique-t-on. C’est pourquoi RSF assimile sa technique d’attaque à une ‘’dictature mégalomaniaque’’.

RSF pointe également du doigt l’attitude de Recep Tayyip Erdogan de la Turquie, Salva Kiir du Sud Soudan, Robert Mugabe du Zimbabwe, du roi d’Arabie Saoudite, Teodoro Obiang Nguema de la Guinée Equatoriale, etc.

En outre, il n’y a pas que des Chefs d’Etat sur la longue liste de RSF. Il y figure des premiers ministres comme celui de la Thaïlande Prayut Chan-O-Cha. Les agissements contre des journalistes de groupes ‘’terroristes’’ tels que ‘’Les talibans’’, les ‘’Shebabs’’, ‘’Ansar Allah’’, le groupe ‘’Etat islamique’’, y sont dénoncés.

BIGUE BOB

 

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