"Pourquoi je me suis engagée aux côtés des femmes et des filles"

En présence de plusieurs dames venues d'Afrique, Marie Khone Faye est revenue sur les raisons pour lesquelles elle a décidé de s'engager aux côtés des femmes et des filles pour un meilleur épanouissement et une réussite dans leurs projets et leurs études.
Dakar, la capitale sénégalaise, accueille pour quelques jours une mobilisation africaine en faveur de la résilience des femmes et des filles. Hier, lors de la cérémonie officielle qui a vu la participation de plusieurs premières dames, celle du Sénégal, Marie Khone Faye, a confié que toutes les épouses de présidents africains sont confrontées aux mêmes défis et qu'une seule conviction les réunit : "L'Afrique ne battra rien de durable sans les femmes et les filles".
Renforcer la résilience des femmes et des filles face aux changements climatiques et aux conflits, selon elle, n'est plus une simple exigence, c'est la réalité qu'elle incarne tout le temps. "Au Sénégal, cette réalité a des visages : celui des mères de nos banlieues qui, à chaque hivernage, sauvent des eaux ce qu'elles peuvent ; celui des mères de Saint-Louis qui voient la mer avancer ; celui des femmes du Ferlo qui marchent chaque jour plus loin pour l'eau ; celui des mères qui, face aux conflits sur notre continent, portent leurs familles sur le chemin du déplacement. Face aux crises, les revenus de nos femmes s'effondrent, les filles quittent l'école et les violences augmentent", a-t-elle listé.
Ainsi, poursuit-elle, répondre à l'urgence est leur devoir ; celui de donner à chaque femme les moyens de se relever et de bâtir l'avenir est leur responsabilité, car elles sont aussi celles qui surmontent les crises. "Face aux changements, elle ne se réfugie ni dans la plainte ni dans le regret. Elle décide, elle agit et prépare l'avenir des siens. Nos mères et nos grands-mères ont été ces grands relais. Chez nous, en Casamance, les femmes ont maintenu ouvert le chemin du dialogue pendant les années les plus difficiles, et la paix leur doit beaucoup", a indiqué la Première dame.
"La place des femmes, ajoute-t-elle, est là où se prennent les décisions, au cœur des solutions. C'est le sens de mon engagement autour de deux priorités : l'action sociale, l'éducation des filles et l'autonomisation des femmes. Une fille instruite devient une femme autonome, et une femme autonome garde ses filles à l'école."
Dans la même veine, elle a rappelé qu'en janvier 2025, à l'occasion de la Journée nationale de l'éducation des filles, elle a accompagné le Sénégal au lancement de la campagne "Africa Educates Her" (L'Afrique éduque sa fille). Son ambition n'a pas changé depuis : que chaque fille entre à l'école, y reste, y réussisse et aille aussi loin que ses aspirations l'emportent. Cette ambition est complémentaire des efforts du gouvernement, a-t-elle juré de l'affirmer sur le terrain.
"L'autre versant de mon engagement concerne celles qui font vivre l'économie locale, souvent loin des regards : les femmes. À Fatick, nous avons lancé un programme national consacré aux groupements de femmes transformatrices à travers la mise à disposition d'équipements modernes. À Guédiawaye, les femmes des groupements m'ont dit sans détour ce qui leur manque le plus : l'accès à la terre, au financement, à la formation et aux équipements. Nous les accompagnons aujourd'hui dans la saponification, la transformation des fruits, des légumes et des céréales, et nous ouvrons avec elles de nouvelles perspectives autour des produits de la pêche", a-t-elle confié.
La première dame d’ajouter que toutes ces actions s'inscrivent dans l'Agenda national de transformation Sénégal 2050, porté par le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et son gouvernement.
"Je connais le plaidoyer qu'elles sont en train d'abattre pour arriver..."
Venu présider ladite rencontre, le chef de l'État a soutenu connaître l'importance et l'ampleur du travail qu'elles sont en train d'abattre, chacune en ce qui la concerne, aux côtés des présidents des pays dont elles sont originaires, un travail qui vient compléter l'action de l'État, aux côtés et pour le bénéfice des populations.
Pour Bassirou Diomaye Faye, les premières dames sont en train de faire un travail remarquable. Elles bâtissent des hôpitaux, des lieux de culte, et sont les premières à se déployer quand un sinistre survient. Elles savent infléchir les décisions au sein des parlements.
"Je connais le plaidoyer qu'elles sont en train d'abattre pour arriver à ce que les assemblées votent des lois pour protéger les femmes, pour la promotion des femmes, pour protéger les filles. Après la campagne We Are Equal que l'OPDAD a portée, aujourd'hui, elles sont en train de lancer, chacune dans son pays, la campagne qui nous vaut aujourd'hui d'être présents, la campagne Building Resilience", a indiqué le président de la République, qui a informé les hôtes que le Sénégal venait d'être éprouvé à la fin de l'hivernage par des inondations qui ont fait des sinistrés.
L'hivernage, cette année, selon lui, a été remarquablement conduit sur le plan de la gestion des inondations par le ministre de l'Hydraulique et de l'Assainissement ici présent. "Ce ne sont que les dernières pluies, qui sont tout à fait exceptionnelles, qui sont venues causer les inondations qu'on a vues. En ce moment, en ma qualité de président de la Conférence des chefs d'État et de gouvernement de la CEDEAO, j'étais à une réunion de l'Union africaine en Égypte et je ne pouvais pas être là, mais je ne pouvais pas non plus prévoir la météo. Aux côtés du gouvernement qui s'est déployé — le ministre de l'Hydraulique et de l'Assainissement, le Premier ministre —, Madame la Première dame a su combler mon absence sur le terrain. Elle a su donner à cette campagne qui devait arriver aujourd'hui un visage, une action réelle sur le terrain, en amenant des motopompes qui ont soulagé, en envoyant des camions hydrocureurs qui ont soulagé, en donnant des vivres, en donnant des médicaments, en faisant preuve de solidarité envers celles et ceux qui en ont eu le plus besoin et particulièrement envers les femmes de notre pays."
Diomaye Faye de conclure : "Je le dis au nom de tous les hommes : sans vous, ce serait particulièrement compliqué, ça aurait été particulièrement stressant. Merci de nous donner toujours une épaule, de nous donner une oreille attentive, de nous tendre la main là où nous pouvons montrer ce que nous ne pouvons pas montrer à l'extérieur. Je voudrais vous rassurer et vous assurer que vous aurez le soutien de l'ensemble des organisations dans lesquelles vous avez votre place. Les femmes ont conquis toutes les places."
CHEIKH THIAM






