Justice climatique

Dans le cadre de la 89ᵉ session de la Commission africaine des droits de l'Homme et des peuples (CADHP), l'Association des Juristes Sénégalaises (AJS) a organisé hier un side event consacré au thème suivant : « Justice climatique en Afrique de l'Ouest : sécuriser l'accès aux ressources naturelles pour les femmes, renforcer leur protection juridique et leur pouvoir décisionnel dans la gouvernance climatique ».
Selon la présidente de l'AJS, le choix de ce thème n'est pas anodin car il traduit sa conviction que les changements climatiques ne peuvent être abordés sous leur seul angle. environnemental. Ils soulèvent également selon Aminata Fall Niang, des enjeux économiques, sociaux, juridiques et, essentiellement, des enjeux de droits humains.
En Afrique de l'Ouest, at-elle poursuivie, la dégradation des terres, la raréfaction de certaines ressources en eau, l'érosion côtière, la salinisation des sols et la fragilisation des écosystèmes dépendent directement des conditions de vie de nombreuses communautés. Ces phénomènes compromettent les activités agricoles, la pêche, la transformation des produits halieutiques et, plus largement, les moyens de subsistance de populations entières.
Or selon elle, les femmes occupent une place essentielle dans ces activités. Elles contribuent à la production agricole, à la gestion des ressources naturelles, à la sécurité alimentaire et à la préservation des écosystèmes. Pourtant, leur contribution demeure trop souvent insuffisamment reconnue, tandis que leur accès à la terre, à l'eau et aux autres ressources productives reste entravé par des obstacles juridiques, économiques, sociaux et parfois coutumiers.
"Nous sommes donc face à un paradoxe : celles qui contribuent de manière déterminante à la vie économique et à la résilience des communautés sont aussi celles qui disposent souvent des moyens les plus limités pour faire face aux conséquences des changements climatiques. La justice climatique nous invite précisément à interroger cette situation. Elle nous obligeons à dépasser la seule question des conséquences environnementales pour nous intéresser à la répartition des responsabilités, des ressources, des possibilités d'adaptation et du pouvoir de décision" a expliqué la présidente.
D'après elle, la question n'est donc pas seulement de protéger les femmes contre les effets des changements climatiques, mais également de garantir leurs droits, de forcer leur autonomie et de reconnaître pleinement leur capacité à contribuer à la solution.






