Publié le 30 Jan 2021 - 17:30
DE RETOUR AU SÉNÉGAL

Les migrants demandent à l’Etat de tenir ses promesses

 

En conférence de presse, hier, au siège de Frapp/France dégage, les cinq migrants affiliés à une association Jokk Jotna, composée de 800 migrants, demande à l’Etat du Sénégal de tenir ses promesses. Depuis leur arrivée au Sénégal, au mois de décembre, ils disent n’avoir rien reçu de concret de l’Etat.

 

Les migrants sénégalais rentrés du Maroc demandent à l’Etat de leur venir en aide. Lors d’une conférence de presse qu’ils ont animée avec le leader de Frapp/France dégage, Guy Marius Sagna, ils reprochent à l’Etat de les avoir fait rentrer au pays sans pour autant leur apporter son soutien.

Pathé Sarr est l’un de ces migrants qui en veut à l’Etat, parce que, dit-il, il a quitté le Maroc à contrecœur. ‘’Quand j’étais là-bas, je me débrouillais pour envoyer quelque chose à ma famille. Mais, du jour au lendemain, on m’a fait venir au Sénégal. Quand on m’a arrêté pour me faire revenir ici, je revenais de mon travail. Je n’avais ni pièce d’identité, ni vêtement. J’ai tout laissé tout Maroc’’, raconte le jeune migrant. Vincent Mendy, un autre migrant qui a été au Maroc de 2017 à 2020, est dans la même situation que son camarade. Il dit avoir regretté d’être venu au Sénégal car, dit-il, il avait un logement là-bas et se débrouillait très bien.

Ce qui fâche ces migrants et qui a motivé leur présence à la conférence de presse organisée par Frapp hier, est le fait que l’Etat ‘’ne leur a proposé rien de concret’’ depuis qu’ils sont revenus au pays. Pourtant, soutiennent-ils, des promesses de soutien leur ont été faites avant qu’ils n’embarquent. ‘’Nous avons entendu le président dire aux émigrés : ‘Rentrez au pays, vous aurez une motivation pour y rester’’’, dit Assane Seck.

La surprise à l’arrivée

Cependant, la désillusion a commencé dès leur arrivée au Sénégal. Ils ont été surpris de recevoir à leur descente d’avion des enveloppes d’argent avec des sommes variant entre 40 mille F CFA et 50 mille FCFA. ‘’Quand je suis arrivé, raconte Vincent Mendy, on m’avait remis une enveloppe de 40 000F. J’ai payé le taxi 20 000 F pour rentrer chez moi. Je n’avais presque rien pour acheter des habits’’.

En plus de ça, Vincent révèle qu’à l’aéroport, on leur avait dit d’écrire leurs noms sur une liste et qu’après, les autorités allaient les rencontrer. ‘’Depuis, on ne sait même pas où l’Etat a mis notre liste. On veut que cette rencontre se tienne’’, demande-t-il.

Pathé Sarr, pour sa part, déplore cette ‘’proposition de projets’’ qu’on leur avait faite à leur arrivée. ‘’Arrivé ici, on nous a dit que nous devons faire des projets pour les déposer au ministère de l’Intérieur. On l’a fait, et puis, ils nous ont dit que c’était à la Délégation de l’entrepreneuriat rapide de nous donner des financements. J’ai personnellement appelé à la Der et on m’a dit que nos dossiers n’y ont pas été envoyés. J’ai appelé le 27 décembre dernier au ministère et on m’a dit que nos dossiers étaient classés, car on est en fin d’année’’.

Assane Seck, quant à lui, dit avoir réclamé sa part du fonds Force-Covid-19 depuis le Maroc, sans succès. ‘’Pour le fonds Force-Covid-19, je suis parti au consulat pour demander ma part. On m’a dit de me débrouiller avec mes propres moyens pour rentrer au Sénégal’’.

Tous veulent aujourd’hui que l’Etat les soutienne.

IBRAHIMA MINTHE (STAGIAIRE)

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