En 2024, elle touchait 774 000 Sénégalais

Au Sénégal, en 2024, la maladie rénale touchait 4 % de la population, soit 700 000 patients.
La Journée mondiale du rein, qui a été célébrée hier, avait pour thème : « La santé rénale : prendre soin de tous, tout en protégeant la planète ». Elle invite chaque citoyen à s’interroger non seulement sur sa propre santé, mais aussi sur les liens entre nos modes de vie, notre environnement et la santé de nos reins. Le Ministère de la Santé et de l’Hygiène publique en a profité pour attirer l’attention sur l’ampleur croissante des maladies rénales qui sont devenues un enjeu majeur de santé publique au Sénégal comme dans le monde.
Selon les chiffres disponibles, plus de 850 millions de personnes sont concernées à l’échelle mondiale. Au Sénégal, la maladie rénale toucherait plus de 4 % de la population, soit 774 000 personnes. Dans la majorité des cas, selon le ministère, la maladie évolue silencieusement et n’est découverte qu’à un stade avancé, nécessitant souvent une dialyse ou une transplantation.
Dans ce contexte, le Ministère de la Santé et de l'Hygiène Publique (MSHP) a élaboré une note d’information à l’attention des populations, rappelant les principaux facteurs de risque des maladies rénales, l’importance du dépistage précoce et les mesures simples de prévention permettant de protéger la santé des reins. « La maladie rénale chronique (MRC) représente aujourd’hui un défi majeur de santé publique mondiale. Elle touche plus de 850 millions de personnes, soit une personne sur dix dans le monde. Si les tendances actuelles se maintiennent, l’insuffisance rénale chronique deviendra la cinquième cause de décès à l’échelle mondiale d’ici 2050 », prévient la tutelle.
Elle souligne ainsi que cette réalité impose une mobilisation collective, urgente et soutenue. « Nous possédons deux reins, situés de part et d’autre de la colonne vertébrale, au niveau des dernières côtes. Discrets, mais indispensables, ils accomplissent chaque jour des fonctions vitales pour notre organisme : filtrer le sang et éliminer les déchets en fabriquant l’urine, réguler la pression artérielle, maintenir l’équilibre des sels minéraux et des électrolytes dans le sang, produire des hormones essentielles et contribuer à la formation des globules rouges. Il y a lieu de préciser qu’il est tout à fait possible de vivre normalement avec un seul rein, car l’organisme sait s’adapter à cette situation. L’insuffisance rénale correspond à l’incapacité progressive des reins à assurer leurs fonctions de filtration et d’épuration du sang. Elle est dite « chronique » lorsqu’elle s’installe progressivement, de manière irréversible, en raison de maladies sous-jacentes insuffisamment contrôlées », renseigne la note.
Les facteurs de risque
S’agissant des facteurs de risque de maladies rénales, la tutelle souligne que certaines conditions de santé ou habitudes de vie augmentent significativement le risque de les développer. Les personnes concernées par l’un ou plusieurs de ces facteurs doivent faire l’objet d’une surveillance rénale régulière : Il y a l’hypertension artérielle (HTA) et le diabète qui représentent à eux seuls 50 % des causes d’insuffisance rénale chronique ; l’âge avancé (au-delà de 60 ans) ; les antécédents familiaux et facteurs génétiques ; les maladies infectieuses non ou mal traitées : VIH, paludisme, etc. ; l’obésité et la sédentarité ; le tabagisme, ainsi que la consommation non contrôlée de médicaments et de plantes médicinales (phytothérapie).
L’insuffisance rénale chronique constitue également un facteur de risque cardiovasculaire majeur, indépendamment des autres facteurs de risque connus tels que le tabac ou l’obésité. « En raison de son caractère silencieux, la maladie rénale passe souvent inaperçue jusqu’à un stade critique. Au Sénégal, on estime que la grande majorité des personnes atteintes ignorent leur état de santé rénale. Les estimations nationales révèlent que chaque année, entre 2 000 et 4 000 patients atteignent les stades 4 et 5 de la maladie rénale chronique, des stades avancés nécessitant une dialyse ou une transplantation rénale pour survivre. Sans traitement de suppléance à ce stade, la mortalité est de 100 % ».
Or, poursuit la note « le dépistage précoce repose sur des examens simples, accessibles et peu coûteux : une prise de sang (créatininémie) et un test d’urine permettent d’évaluer la fonction rénale. Ces examens peuvent être réalisés dans les centres de santé et hôpitaux du pays ».
S’agissant des options de traitement disponibles, la tutelle parle de trois techniques qui permettent de suppléer la fonction rénale lorsque les reins ne fonctionnent plus suffisamment : l’hémodialyse (HD) : le sang est filtré par une machine en dehors du corps, la dialyse péritonéale (DP) : la filtration s’effectue au sein même du corps, via le péritoine, et la transplantation rénale (TR) : remplacement du rein défaillant par un rein sain. Ces trois modalités de traitement sont désormais disponibles au Sénégal.
Au début de l’année 2025, on dénombrait 980 patients en hémodialyse régulière, 53 patients traités par dialyse péritonéale, et 4 patients ayant bénéficié d’une transplantation rénale dans le pays.
CHEIKH THIAM







