Publié le 22 Aug 2014 - 21:09
EXCEPTIONS SOULEVEES PAR LES AVOCATS DE KARIM WADE

Alioune Ndao et Antoine Diome démontent les arguments

 

Le procureur Alioune Ndao et son substitut Antoine Diome ont demandé à la Cour de rejeter toutes les exceptions soulevées par les avocats de la défense, notamment, la question de l’irrecevabilité de la constitution de partie civile de l’Etat.

 

La question essentielle débattue hier a été la constitution de partie civile de l’Etat. Prenant la parole en premier, Antoine Diome, l’adjoint au procureur spécial, est revenu sur les exceptions soulevées par les conseils de Karim Wade. Le parquetier est d’avis que la Cour doit déclarer irrecevable toutes les exceptions de nullité soulevées par la défense. A son avis, les avocats de la défense ‘’sont entrés largement dans le fond du dossier’’. Le représentant de la société considère également ‘’que tous les arguments servis par la défense ne sont que les reprises des arguments développés devant la Cour Suprême’’.

Prenant la parole, le procureur spécial Alioune Ndao a lui commencé par battre en brèche la question de l’irrecevabilité de la constitution de partie civile de l’Etat. Alioune Ndao a affirmé que l’Etat ne peut pas être écarté dans cette procédure, car il a bel et bien subi un préjudice dans cette affaire. ‘’L’action civile vaut une réparation de dommages pour toute infraction y compris celle d’enrichissement illicite’’, a soutenu le parquetier. Avant d’ajouter : ‘’Dans toutes les infractions de la loi pénale, lorsqu’il y a confiscation, celle-ci se fait au nom de l’Etat qui agit pour le compte de la société’’. ‘’Lorsque l’Etat paie un salaire à un de ses agents, lui donne des frais de missions, si en retour cet agent-là commet des actes, est-ce vous pourriez me dire que l’Etat n’a pas subi de préjudice ?’’ a pesté le procureur spécial. En verve, Alioune Ndao d’asséner : ‘’Ne serait-ce qu’au plan moral, car l’Etat peut avoir souffert du comportement de cet agent.’’

Contrairement aux affirmations de la défense, le procureur a rappelé qu’en 1984, lorsque la CREI a jugé l’affaire Mamady Gassama, l’Etat était bien partie civile. Quid des enquêtes menées par la section de recherches de la gendarmerie de Colobane ? Alioune Ndao a rétorqué avoir pris l’option de choisir un officier de police judiciaire, en la personne du Commandant Cheikh Sarr. Qui, dit-il, a choisi en toute liberté des personnes avec qui il a mené les enquêtes. Selon ses éclaircissements, cela s’explique par la durée de l’enquête. ‘’Avec la CREI de 1984, les tâches consistaient à faire de petites enquêtes, or dans cette affaire, il s’agit de grandes tâches qui ont duré six mois. Humainement, il est impossible pour une seule personne de le faire’’, a-t-il justifié.

Et se tournant vers Me Borso Pouye qui a déclaré que la maison de Wade sise au Point E est listée parmi le patrimoine de Karim Wade, le magistrat Ndao de faire une remarque : ‘’Je ne commettrais jamais l’erreur monumentale de mettre la maison familiale des Wade, construite depuis 1968, dans le patrimoine de Karim Wade, car cette demeure est plus âgée que le prévenu même’’. Et lorsque l’avocate a exprimé sa surprise face à ses propos, Alioune Ndao a déclaré : «si vous n’avez pas encore lu tout le dossier, allez le faire maintenant, car c’est inquiétant».

Par rapport à la mesure d’interdiction de sortie du territoire décriée dans leurs plaidoiries par la défense, le parquetier s’est réfugié derrière l’article 53 du Code de Procédures Pénales qui dit : ‘’L’officier de Police judiciaire peut défendre à toute personne de s’éloigner du lieu de l’infraction jusqu’à la clôture de ses opérations’’. Aussi a-t-il accusé les avocats de Karim Wade ‘’d’avoir réussi à tromper’’ les juges de la CEDEAO. La Haute cour de la CEDEAO avait rendu un arrêt jugeant illégale la mesure d’interdiction de sortie du territoire. 

NDEYE AWA BEYE

 

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