Publié le 16 Jul 2021 - 16:48
EXPLOITATION DES MINES THIES, KEDOUGOU ET MATAM

Enda Tiers-monde met les pieds dans le plat 

 

Les populations des régions de Thiès, Kédougou et Matam sont généralement insatisfaites des entreprises qui exploitent les ressources extractives de leurs localités. Enda Tiers-monde a organisé un atelier qui a permis de discuter de toutes les questions afférentes à cette exploitation.

 

A l’échelle du territoire national, les régions de Thiès, Kédougou et Matam sont présentées comme celles dont la valeur ajoutée est la plus considérable concernant l’exploitation des mines. La place importante qu’occupent les industries extractives dans le tissu économique de ces régions contraste fortement avec les nombreuses suspicions dont elles font l’objet, surtout sur le plan socioéconomique.

En effet, même si les réalités socioculturelles de ces régions minières sont différentes, nombreuses sont les contestations de populations riveraines des sites d’extraction minière.

Avant-hier mercredi, lors d’un atelier de capitalisation des apprentissages du projet et de partage du plan stratégique commun du réseau Enda sur les ressources extractives, la présidente du réseau international Enda Tiers-monde a confié que, parallèlement, les compagnies d’exploitation, malgré la récurrence des revendications des communautés locales pour l’amélioration de leurs conditions socio-économiques, soutiennent faire des investissements considérables en faveur du développement des localités où elles sont établies.

En effet, selon Mariame Sow, la défaillance, voire les ambigüités dans la gouvernance des ressources minières à l’échelle des collectivités territoriales abritant les sites miniers prennent souvent leurs sources dans l'inexistence de consultations inclusives et fréquentes entre les multinationales et les communautés locales, l’absence d’une politique de contenu local inclusive, l’absence d’outils de résilience (mutuelles) destinés à accompagner les prestataires et/ou fournisseurs détenteurs de marchés auprès des industries extractives, afin qu’ils puissent respecter les termes de leurs contrats, le manque de rigueur dans la gestion des revenus miniers (fonds RSE, contribution économique locale, ex-patente et autres taxes).

Selon elle, il s’y ajoute la faible connaissance de l’existence des nombreux avantages et opportunités offerts par les multinationales en termes de contenu local, l’absence de plaidoyer des collectivités locales pour une redistribution des fonds de péréquation, l’absence d’une franche politique de discrimination positive des entreprises au profit de l’emploi des jeunes des zones d’emprise de leurs projets, etc.

‘’Nous invitons l’Etat à agir doucement dans l’exploitation de ses mines et surtout aussi de penser qu’un jour ou l’autre, ces générations futures pourront avoir certainement des possibilités d’exploiter, de transformer et de créer. La valeur ajoutée existe. C’est cela qui va nous renforcer, sinon, nous perdons notre matière première. Certes, on ne peut pas fermer les yeux et ne pas y travailler maintenant, mais que l’Etat y aille doucement avec beaucoup de précautions. Notre agriculture doit aussi être soutenue, au moment où notre président parle de l’agroécologie’’, estime Mme Sow. Selon qui, on ne peut pas tout transformer, encore moins accepter qu’on déverse n’importe quel produit qui va continuer à polluer. ‘’Nous devons avoir une gestion rationnelle, équitable, responsable, en tenant en compte l’agriculture, l’élevage’’, renseigne-t-elle.

Ainsi, l’atelier a offert une tribune d’échanges et de dialogue sur la capitalisation des apprentissages des quatre projets, en termes d’état des lieux avec les enjeux et défis de la question, de bonnes pratiques relevées en mettant l’accent, au-delà du Sénégal, sur les similarités, divergences et points de convergence entre les pays de la région ouest-africaine. ‘’Il permettra, en outre, aux différents acteurs d’apprécier la contribution des interventions à l'amélioration de la gouvernance locale des retombées minières, de tirer des leçons sur les conditions d’une plus grande influence de la société civile dans la gouvernance minière et de partager leurs attentes par rapport aux perspectives d’Enda sur la thématique’’, a indiqué Mariame Sow.

CHEIKH THIAM

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