Publié le 15 Oct 2012 - 09:00
FOOTBALL

Remettre le fou-de-balle à sa place d'accessoire est impératif

 

 

Les médias télés, radios et la presse ont une grande responsabilité sur cette grosse bêtise des fou-de-balles au stade LSS de par leur manipulation en faisant de cet événement une actualité quotidienne depuis l'annonce de l'adversaire. Il ne faut pas croire que gagner des matchs de fou-de-balle nous mènera au développement.

 

Au Sénégal, les médias ont cette fâcheuse tendance à participer plus au pervertissement et à l'abrutissement de nos populations qu'à leur éducation, et plus particulièrement la jeunesse, sous le regard hors alerte des parents. Ils les bombardent à longueur de journée des publicités mensongères, des images mettant en scène des danseurs pervers et vulgaires (caxagun, yuza, takh rip et consorts) au point qu'elles ne pensent qu'à s'amuser avec une intense incitation par des termes (happiness, bégué, yay bagn, etc.) véhiculés par des gens dits people de la jet-set (danseurs, lutteurs, mannequins, politiciens véreux, etc.) devenus exemples pour les jeunes à force d'être mis à l'honneur dans les médias télé, radio, web, la presse, etc.

 

Alors, tout ceci est une suite logique de ce qui devrait arriver. Mais le PIRE reste à venir vu la sanction que risque le fou-de-balle national, les gens cherchent déjà un nouvel opium populaire à se mettre entre les babines pour échapper aux dures réalités de la vie. Et malheureusement, il n'y a rien d'autres que le LAMB (lutte), un sport de violence qui s'offre comme moyens aux médias pour se faire de l'argent, à l'État pour se faire oublier en faisant promouvoir la jeunesse à travers ce sport nationalisé par force aux mépris des autres, et aux populations pour échapper aux crises de sociétés actuelles. Ainsi, on se dirige vers le pire car les médias continueront à faire de la lutte ce qu'ils viennent de faire avec cette épisode de foot en le centralisant jusqu'à en récolter cette même passion dangereuse qui a poussé à mettre le feu au stade LSS, les violences observées en fin de partie et aux menaces vécues par les supporters de la partie dite adverse.

 

L'autre gap que révèle encore cet événement d'hier soir est le manque d'infrastructures de sport répondant aux normes de sécurité et un manque de maîtrise des risques engendrés et des mesures préventives à apporter par les forces de sécurité afin d'étouffer ce genre de débordement. On devrait tout de même les féliciter d'avoir su protéger les supporters ivoiriens des fous-de-balle manipulés sur ce coup par les médias, la presse et les "spécialistes" de ce sport pour gagner des records d'audience tout en se faisant de l'argent.

 

Tant qu'on ne remettra pas le SPORT à sa place d'accessoire pour cultiver un esprit sain dans un corps sain et non pas un facteur de développement ni l'unique facteur de paix au monde et au rapprochement des peuples, il nous arrivera toujours des surprises plus tragiques et honteuses que celles d'hier soir.

À bon entendeur !

 

ABOUBAKRINE NDIAYE

 

 

 

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