Publié le 11 May 2026 - 21:47
L’ACTE DE NAISSANCE DE « TAXAWU SENEGAAL »  

Khalifa Sall trace la voie d'un nouveau contrat social

 

Dans une ambiance de solennité et de ferveur militante, la plateforme politique Taxawu Senegaal a officiellement acté sa transformation en parti politique lors de son congrès constitutif, ce dimanche. Devant un parterre de chefs de partis, de représentants de la société civile et de dignitaires religieux, Khalifa Sall a prononcé un discours, véritable manifeste pour une refondation républicaine.

 

Ce weekend, il n'était pas question uniquement de la Coalition Diomaye Président à Mbour ou de la méga caravane de Farba Ngom dans le nord notamment. En effet, ici à Dakar, au Grand Théâtre Doudou Ndiaye Coumba Rose, Taxawu Senegaal opérait sa mue. Pour Khalifa Sall, ce congrès constitutif ne relève pas d'une simple cérémonie de convenance, mais d'un acte fondateur qui couronne un processus inclusif. Le leader de Taxawu Senegaal est revenu sur la trajectoire de son mouvement, qu'il décrit comme une famille forgée dans l'adversité.

Ce moment marque, selon lui, l'enracinement définitif de leurs convictions et la maturité d'un projet collectif qui refuse de faiblir face aux multiples défis. « J’ai souvent répété que Taxawu Senegaal est une famille qui est née dans la douleur, a grandi dans l’épreuve et vaincra dans l’éclat. J’ai la conviction profonde et inébranlable que l’heure de notre consécration approche », a-t-il martelé.

Loin d'être un énième sigle dans le paysage politique sénégalais, ce nouveau parti se veut le point de rencontre de toutes les catégories socioprofessionnelles. Dans cette nouvelle structure, les paysans, les ouvriers et les travailleurs trouvent une place centrale. Khalifa Sall a également insisté sur le rôle crucial de la diaspora, considérée comme un trait d’union stratégique entre les racines profondes du pays et l’horizon mondial.

Le diagnostic sans fard d’un pays en quête de cap

Le président de Taxawu Senegaal a consacré une part importante de son propos à l’analyse de la conjoncture nationale, marquée par les lendemains d'une élection présidentielle intense. S’il reconnaît que le peuple a tranché souverainement dans les urnes, il n’a pas manqué de souligner les fragilités institutionnelles et les crispations politiques qui ont malmené le système.

Pour lui, le Sénégal sort d'une séquence où les débats auraient dû être tranchés par la sérénité du droit plutôt que par la brutalité des rapports de force. Aujourd’hui, Khalifa Sall dresse le constat d’un désenchantement croissant chez ses compatriotes qui souffrent en silence. Selon lui, les promesses de justice sociale, de prospérité et de transparence tant vantées tardent à se concrétiser dans le quotidien des populations.

Le cri de cœur le plus vibrant a concerné la jeunesse, qui reprend la voie périlleuse des océans faute de cap et d'emploi. « On peut dire sans détour : des jeunes qui cherchent du travail, on en trouve ; des jeunes qui trouvent du travail, on en cherche. Notre économie reste confrontée à des défis majeurs : chômage des jeunes, coût élevé de la vie, précarité du secteur informel, endettement chronique et opaque. »

Repenser le contrat social : Le triptyque « Humain, Eau, Terre »

Face aux limites du modèle actuel, le parti propose de placer l’Humain au cœur de l’action publique à travers un nouveau contrat social. Cette ambition repose sur une vision où l’État doit être impartial, sobre et exemplaire dans sa gouvernance des ressources publiques. Le projet politique de Taxawu Senegaal s’articule désormais autour d’un triptyque structurant : l’Humain, l’Eau et la Terre.

« Repenser le contrat social signifie d’abord et avant tout : Redonner à l’État sa vocation première, celle de servir l’intérêt général. Nous croyons en un État impartial dans son action, sobre dans son fonctionnement et exemplaire dans sa gouvernance ; un État capable d’orienter la Nation avec lucidité et rigueur », dit-il.

Ce nouveau contrat implique des ruptures majeures, notamment une égalité territoriale effective et une décentralisation nouvelle. Sur le plan des libertés, Khalifa Sall a rappelé que la liberté de presse et de manifestation sont des droits garantis par la Constitution qu'il faut défendre avec intransigeance.

Il exige également une justice indépendante qui refuse d’être sélective. « Toute tentation de restreindre la contradiction démocratique, toute intimidation contre la presse, toute entreprise visant à fragiliser, museler ou marginaliser l’opposition constitue une atteinte irréparable au pacte démocratique, car une démocratie sans opposition viable n’est qu’une autocratie qui s’ignore. »

L’exigence de l’unité et l’idéal socialiste

Se revendiquant fièrement socialiste, Khalifa Sall a lancé un appel pressant aux « socialistes de cœur et de raison » pour redonner une âme à l’État. Pour lui, le socialisme doit redevenir l'espoir des Sénégalais en proposant une alternative crédible, loin des populismes et des promesses sans lendemain.

« Nous sommes des Socialistes. Nous ne pouvons pas accepter un modèle où les inégalités se reproduisent de génération en génération. Cela nous oblige à défendre la justice sociale, pas seulement dans les discours, mais dans les actes. Cela nous oblige à défendre la solidarité, non comme un mot, mais comme une politique publique », déclare l’ancien maire de Dakar.

Le leader de Taxawu Senegaal exhorte, aujourd’hui, l’opposition à l’unité face aux difficultés majeures auxquelles le pays est confronté. Pour lui, le développement n'a de sens que s'il est équitablement partagé entre tous les citoyens, transformant la performance de l'État en un outil de réduction des inégalités. « Entre les promesses du nouveau régime et les attentes sociales, le Sénégal a besoin d’une opposition unie. L’unité fait notre force, elle fera notre victoire. »

Ainsi, entre diagnostic sévère de la situation nationale et appel vibrant à l’unité des forces d’opposition, l'ancien maire de Dakar se positionne comme un des architectes d'une alternative socialiste et souveraine.

Mamadou Diop

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