Publié le 11 May 2026 - 22:51
MATAM

Farba Ngom, en seigneur au Fouta

 

Après 14 mois en prison, l’honorable député Farba Ngom a foulé de nouveau le sol de son Fouta natal ce samedi. Un retour triomphal, rendu possible par la mobilisation notoire des populations locales. Le maire des Agnam, accompagné jusque dans son fief par d'anciens ministres, a réitéré son innocence au sujet du blanchiment de capitaux dont il est poursuivi.

 

Farba Ngom n'a pas perdu de sa superbe ; il reste le « Ngari du Fouta », le roi du Fouta. L’accueil populaire qui lui a été réservé ce samedi, après plusieurs mois d’absence, a fini de persuader les plus sceptiques. Un peu moins de deux semaines après sa libération sous contrôle judiciaire, Farba avait décidé de se rendre dans son fief au nord du pays. Une caravane pour sillonner plus de 500 kilomètres, mais aussi pour mesurer sa côte de popularité.

À Linguère, l’ancien ministre de l’Intérieur, Aly Ngouille Ndiaye, maire de la ville éponyme, a réservé un accueil particulièrement chaleureux à Farba Ngom et à sa délégation. Les échanges entre les deux hommes ont été marqués par des signes de fraternité et de respect mutuel, sous le regard enthousiaste des militants et sympathisants venus nombreux pour l’occasion. « Je ne suis pas ici pour faire de la politique, mais pour te signifier que tu es un frère au vrai sens du mot », témoigne le maire des Agnam. « Quand j’étais en prison, tu es venu à plusieurs reprises me rendre visite. Et cela m'est allé droit au cœur. »

Ranerou, Amadou Dawa, mobilise le département

Malgré la forte canicule qui sévit dans le nord, les populations n'ont pas été dissuadées. À Ranérou, c’était une marée humaine, sous la houlette du président du Conseil départemental, qui a attendu la caravane. Mamoudou Yaya Diallo, enseignant de son état, est un inconditionnel du maire des Agnam : « Farba est un symbole de résistance face à ce régime qui est dans le tâtonnement. Ils ont voulu salir sa réputation en l’accusant à tort, mais la vérité a fini par jaillir », explique-t-il.

C’est dans une ambiance électrique que la caravane a dû faire escale pour prendre le repas chez le député Amadou Dawa Diallo. Le maire de la ville, Harouna Diallo, s'est transformé pour la circonstance en « Baay Fall » de Farba Ngom.

De Ranerou à Ourossogui, la caravane a dû ralentir pour saluer les foules qui attendaient au bord de la route. Dans chaque village traversé, l’ambiance était électrique. Les femmes, visiblement heureuses de revoir leur leader, chantaient et dansaient au rythme des tam-tams et des chants traditionnels. Les jeunes, eux, scandaient avec enthousiasme : « Le fils prodige est de retour, Adieu nos soucis », un slogan devenu le symbole de cette mobilisation populaire exceptionnelle.

Farba en Empereur du Bossèa

Le périple s’est ensuite poursuivi vers le Fouta profond. À Doumga Ouro Alpha, Farba Ngom a été reçu par le doyen des marabouts du village, dans une atmosphère empreinte de spiritualité et de bénédictions. Cette étape religieuse a constitué un moment fort de la caravane, car le saint homme a dirigé plusieurs séances de prières en faveur du député.

Mais c’est surtout dans le Bossèa que la ferveur populaire a atteint son apogée. Arrivée aux environs de 21 heures, la caravane a connu une progression particulièrement lente tant les populations étaient nombreuses à vouloir saluer le maire des Agnam. Il aura fallu plus de trois heures pour parcourir les seulement douze kilomètres séparant Dabia d’Agnam.

« Je suis de retour », lança-t-il à la foule. « J’étais en prison pour des accusations fallacieuses et me voilà sorti blanchi. Je le répète, je n’ai jamais détourné un franc de l’État du Sénégal, car je n’ai jamais géré des deniers publics. Vous avez toujours été à mes côtés, et c’est ma plus grande victoire », conclut-il.

Après cet accueil triomphal, le coordonnateur du BBY dans le département de Matam compte faire une sortie pour décliner ses ambitions politiques.

Djibril Bâ

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