Publié le 17 Jul 2026 - 10:40
PRISE EN CHARGE DE LA TUBERCULOSE  

Ces faits qui font que Touba est à forte charge

 

Avec plus de 1 048 cas diagnostiqués l’année dernière, plusieurs facteurs font de Touba une zone à forte charge de tuberculose.

 

La tuberculose est fortement présente à Touba. C’est le constat fait par le Programme national de lutte contre la tuberculose qui, dans le cadre d’une caravane initiée en collaboration avec l’Association des journalistes en santé, population et développement (AJSPD), a fait escale, hier, à Touba. Le responsable du centre de diagnostic et de traitement de la tuberculose du district sanitaire a fait le point sur la maladie, en 2025.

Bathie Faye informe que, l’année dernière, sur un nombre attendu de 1 148 patients, 1 048 cas ont été diagnostiqués. Or, le taux de guérison, renseigne-t-il, est de 48 % pour le district. Parmi les facteurs qui expliquent cette situation, il cite le mode de vie des populations, en faisant allusion à la ville religieuse, avec ses associations à travers les dahiras, ses moyens de transport qui laissent également, selon lui, « à désirer », ainsi que les magals qui regroupent beaucoup de personnes en termes de concentration. De ce fait, d’après lui, il est très difficile de respecter les mesures barrières pour limiter la propagation de la tuberculose.

M. Faye évoque aussi les tradipraticiens qui reçoivent beaucoup de nouveaux malades de la tuberculose qui ne se rendent pas dans les structures sanitaires adéquates. Il parle de l’insuffisance des organisations sociales de base, qui sont au nombre de 14 pour toute la ville, avec tout le rôle qu’elles jouent dans la sensibilisation. M. Faye pointe dans la même veine la disparition des émissions radios qui avaient pour objectif de sensibiliser les populations sur les dangers de ne pas aller se soigner. Ces émissions ont disparu à cause du retrait des partenaires.

Pour couronner le tout, il y a un manque criard de ressources humaines, de formations continues ; la panne de deux machines du district liée à une rupture de cartouches.

Fort de ce constat, Bathie Faye lance un appel aux autorités. « Aujourd’hui, les moyens que nous sommes en train de déployer dans la lutte sont très insuffisants. Nous avons 34 postes de santé, plus 3 hôpitaux. À l’exception de Dakar, il n’y a aucune région au Sénégal aujourd’hui qui ait autant de structures. Et jusqu’à présent, vous voyez que Touba est devenue aujourd’hui un carrefour. Cette situation doit être prise en compte très sérieusement. Également, nous avons souffert par rapport aux médicaments, surtout en 2024, où il y a eu des ruptures, notamment du côté des enfants. En effet, poser le diagnostic de la tuberculose chez un enfant, puis dire à sa maman qu’on n’a pas de médicaments, cela pose également problème », dit-il. Il déclare que la rupture des médicaments est ce qui les met le plus mal à l’aise.

A ces propos, le médecin-chef du district sanitaire de Touba, Dr Ndeye Maty Ndiaye Diop, a renchéri que Touba, au regard de ce qu’elle représente, gagnerait à renforcer la sensibilisation pour que les gens aillent très tôt dans les structures sanitaires afin de réduire la prévalence de la tuberculose dans la ville sainte.

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