Publié le 14 Jul 2026 - 18:42
CHANGEMENT CLIMATIQUE ET TRANSITION ÉNERGÉTIQUE

À Fatick, les journalistes formés pour mieux couvrir l’urgence climatique

 

Face aux effets grandissants du changement climatique dans la région de Fatick, l'organisation Citoyens actifs pour la justice sociale (Cajust) a réuni, durant deux jours, des journalistes autour des enjeux de la transition énergétique et de la justice climatique. L'objectif : renforcer la qualité de la couverture médiatique sur un sujet encore peu traité dans les médias sénégalais.

 

Hausse des températures, montée du niveau de la mer, érosion côtière, salinisation des terres, recul des surfaces agricoles, dégradation des écosystèmes marins ou encore dérèglement de la pluviométrie : la région de Fatick figure parmi les territoires les plus vulnérables aux effets du changement climatique. À ces défis environnementaux s'ajoute désormais l'exploitation du champ pétrolier de Sangomar, qui expose davantage cette zone côtière aux enjeux liés à la transition énergétique. C'est dans ce contexte que l'organisation Citoyens actifs pour la justice sociale (Cajust) a organisé, durant deux jours à la Résidence du Sine, une session de formation destinée aux journalistes de la région afin de renforcer leurs compétences dans le traitement médiatique du changement climatique et de la transition énergétique.

Selon Boubacar Seydi, chargé de programme Justice climatique à Cajust, le choix de Fatick ne relève pas du hasard. La région, qui englobe les îles du Saloum, cumule plusieurs facteurs de vulnérabilité liés aux dérèglements climatiques. L'exploitation du pétrole à Sangomar accentue encore les enjeux environnementaux et énergétiques auxquels elle est confrontée. Pour les organisateurs, il est indispensable que les médias locaux disposent des connaissances nécessaires pour expliquer ces phénomènes aux populations et accompagner les débats sur les politiques publiques en matière de climat.

Présent parmi les panélistes, Kader Diop, conseiller technique du directeur général de l'Agence nationale des énergies renouvelables (Aner), a insisté sur le rôle stratégique des journalistes dans la sensibilisation des populations. Selon lui, la réussite des engagements du Sénégal en faveur de la transition énergétique passe aussi par une meilleure vulgarisation des politiques publiques visant à réduire la dépendance aux énergies fossiles et à promouvoir les énergies renouvelables. « Les journalistes constituent des relais essentiels pour expliquer les enjeux du changement climatique et informer les populations sur les actions à mener », a-t-il souligné, estimant qu'ils doivent être davantage outillés pour remplir cette mission.

Les chiffres présentés par Alexandre Lette, directeur exécutif de Teranga Lab, témoignent du faible traitement médiatique de ces questions. S'appuyant sur une étude réalisée avec Africa Climate Insight, il indique que, dans les pays du Sahel, moins de 1 % des 7 800 médias analysés publient des contenus consacrés à la transition énergétique. Au Sénégal, la situation est encore plus préoccupante. Sur plus de 3 283 médias écrits et en ligne étudiés, moins de 0,5 % abordent les questions liées au changement climatique ou à la transition énergétique. Selon lui, les médias privilégient généralement les sujets politiques, judiciaires, économiques ou sportifs, reléguant les enjeux climatiques au second plan. Lorsqu'ils sont traités, c'est souvent à travers leurs conséquences immédiates ,inondations, sécheresse ou érosion, plutôt que sous l'angle de leurs causes, des politiques d'adaptation ou des solutions envisageables.

Au cours de cette formation, les journalistes ont été initiés aux concepts d'atténuation et d'adaptation au changement climatique, ainsi qu'aux enjeux de la transition vers une énergie plus propre. Le village de Mbassis, dans le département de Foundiougne, a notamment été présenté comme une expérience pilote illustrant les possibilités offertes par les énergies renouvelables. Les participants ont toutefois souligné les difficultés auxquelles ils sont confrontés dans l'exercice de leur métier. Ils évoquent notamment le manque de données fiables, la difficulté d'accéder aux experts techniques, souvent basés hors de la région, ainsi que l'insuffisance de ressources documentaires sur ces questions.

Pour les organisateurs, un changement d'approche s'impose afin de permettre aux médias de mieux accompagner les changements de comportement, de vulgariser les politiques climatiques du Sénégal et d'informer davantage sur les mécanismes de financement de l'action climatique. Au terme des échanges, une conviction s'est dégagée : face à l'urgence climatique, les journalistes ont un rôle déterminant à jouer pour rendre ces enjeux plus accessibles aux populations et contribuer à une meilleure compréhension des défis de la transition énergétique.

Ousmane Thiam (Fatick)

Section: 
SENELEC - POUR DÉFENDRE LES ACQUIS DES TRAVAILLEURS : Les syndicats annoncent un plan d'actions
PENSIONS IMPAYÉES : Les ex-cheminots haussent le ton
LUTTE CONTRE LA FIÈVRE DE LA VALLÉE DU RIFT : Des experts misent sur un outil d’alerte précoce pour anticiper les épidémies
DEMISSION DE 5 DIRECTEURS AU MESRI : Il dénoncent de ‘’profonds désaccords’’ avec Boubacar Kamara
MATAM : Les agents de la Senelec se mettent au rouge
BOY DJINNE FACE A DEUX DOSSIERS EXPLOSIFS : Le marathon judiciaire s'ouvre ce mardi
Menaces contre des ressortissants guinéens
DÉFÉRÉ HIER AU TRIBUNAL : 1 590 pilules d'ecstasy dissimulées dans une prothèse de jambe
Tue pour le vol de noix de coco
Interpellation
THIÈS : Les décharges sauvages empoisonnent la vie des riverains
POLLUTION PERSISTANTE À SANDIARA : Les habitants disent étouffer
GRÈVE DE LA FSDT À KAOLACK - KAFFRINE : Le secteur de la santé paralysé
RÉVISION DU CODE DE L’ASSAINISSEMENT : Thiès ouvre le débat pour un cadre juridique adapté aux nouveaux défis
LOGEMENT DANS LE MONDE : Plus de 3 milliards de personnes privées d’un logement décent
APRÈS DEUX NOUVEAUX MEURTRES DE MINEURES : Waxjotna réclame la reconnaissance du féminicide dans le Code pénal
GRÈVE GÉNÉRALE DE CE VENDREDI : Le mot d’ordre suivi à plus de 75 %
CADRE DE VIE : Thiès prépare une nouvelle gouvernance des déchets solides
TABLE RONDE SUR DISPARITIONS FORCÉES EN GUINÉE ANNULÉE À DAKAR : Afrikajom dénonce une atteinte aux libertés publiques
BRAS DE FER CONTRE LES HABITANTS DE LA CITÉ FAYÇAL La Sogepa définitivement déboutée