Éradication des MGF au Sénégal en 2030

Au Sénégal, la pratique de l’excision est très répandue et touchait, en 2023, environ 20,1 % des femmes âgées de 15 à 49 ans (EDS-C 2023), soit une baisse de 4,9 % par rapport à 2019, où ce taux était de 25 % (EDS-C 2019). Ce taux est de 12,9 % chez les filles de moins de 15 ans, avec des disparités selon les régions. En termes de prévalence pour la tranche d’âge 15-49 ans, les régions de Matam (83 %), Sédhiou (80,9 %), Kédougou (71,3 %), Kolda (68,4 %), Ziguinchor (47,3 %) et Tambacounda (41,4 %) sont celles où la pratique est la plus développée.
Hier, lors de l’atelier d’installation de la coalition régionale de Dakar de la Fédération nationale des organisations de la société civile pour la promotion de l’abandon des MGF/Excision (FENOPAME), Kabir Ndiaye, de la Direction de la Famille, a rappelé qu’au plan mondial, cette pratique touche plus de 230 millions de personnes.
À moins de quatre ans de la date à laquelle il ne devrait plus y avoir aucun cas de MGF au Sénégal, il y a des défis à relever. Il a parlé de l’éducation pour toutes les filles, du dépassement des barrières religieuses et coutumières à travers une série d’actions de communication et de sensibilisation, mais aussi de l’installation d’infrastructures sanitaires dans les coins les plus reculés du pays pour une meilleure prise en charge des femmes et/ou des filles victimes de MGF.
« Nous savons que c’est indicatif, parce que nous nous adressons à des normes sociales. Les normes sociales, on ne les éradique pas d’un jour au lendemain, parce qu’il faut beaucoup de sensibilisation, il faut beaucoup de communication, et l’État est en train de le faire avec les partenaires. Donc, c’est un travail continu, itératif, et nous le faisons. Nous le faisons tous les jours pour y arriver, dans un horizon temporel, on l’a dit, d’ici 2030, mais peut-être même on ne peut pas y arriver. Mais l’essentiel, c’est que tout le monde est engagé », a indiqué M. Ndiaye.






