Publié le 27 Oct 2025 - 14:56
PROJET PORT DE NDAYANE  

Les populations de Yène-Dialaw contestent l’accaparement de leurs 600 hectares

 

Le Collectif pour la Défense des Intérêts de Yène-Dialaw (Collectif Dialaw) exprime sa profonde indignation face à la répétition d’injustices foncières qui menacent une fois de plus la stabilité sociale et la paix dans la Commune de Yène. Il dénonce l’accaparement de 600 hectares de ses terres.

 

Après avoir perdu 1 200 hectares au profit du projet du Port dit de Ndayane, dans des conditions « opaques », « unilatérales » et marquées par le « mépris » des droits des habitants, les populations de Yène découvrent aujourd’hui un nouveau processus d’accaparement de 600 hectares supplémentaires, mené sous la supervision de l’APIX, au bénéfice de DP World (DPW). Cette opération, indique le Collectif pour la Défense des Intérêts de Yène-Dialaw dans un communiqué parvenu à notre rédaction, a été engagée sans concertation réelle, sans étude transparente ni respect des procédures légales.

Selon les populations courroucées, elle s’inscrit plutôt dans une logique d’expropriation illégale et arbitraire qui « bafoue » les droits élémentaires des citoyens et fragilise la cohésion communautaire. « Un accaparement réactivé sous couvert d’une Zone Économique Spéciale », dénoncent-elles. Selon plusieurs sources concordantes, ces 600 hectares additionnels auraient été utilisés par l’ancien Président Macky Sall pour régler une dette contractée envers DPW. ‘’Il apparaît aujourd’hui que l’APIX serait instrumentalisée pour légitimer la même opération, désormais présentée sous la forme d’un projet de Zone Économique Spéciale (ZES). Cette situation soulève de sérieuses interrogations’’, dit-on.

Cette zone de 600 hectares est pourtant fortement habitée, alors même que des terres rurales peu occupées existent dans des localités voisines plus adaptées à ce type d’aménagement.

Depuis plus de trois ans, le Collectif Dialaw indique avoir multiplié les démarches administratives à travers des courriers officiels adressés à la Ministre des Pêches et des Infrastructures Maritimes et Portuaires, au Ministre de l’Urbanisme et de l’Aménagement du Territoire, au préfet de Rufisque, ainsi qu’à la Direction des Domaines . Il parle aussi de rencontres avec l’ancien et le nouveau Directeur Général du Port Autonome de Dakar et d’interpellations répétées du Directeur Général de DPW Sénégal, avec des promesses non tenues de clarification.

‘’Malgré ces efforts, aucune réponse officielle n’a été apportée, et aucune mesure de protection des habitants n’a été mise en œuvre. L’APIX, censée promouvoir la planification et la concertation, continue d’agir comme un instrument d’exécution opaque, au détriment des principes d’équité, de transparence et de respect du droit. Confronté à ces abus, le Collectif a toujours privilégié une approche responsable et républicaine : sit-in, marches et conférences publiques, communiqués et mémorandums adressés aux autorités et à la presse, participation aux enquêtes publiques avec des contributions écrites, rencontres officielles avec l’ancien Préfet de Rufisque et le Directeur Général de l’APIX en 2023, interrompues après le non-respect des engagements pris’’, renseigne le document.

Aujourd’hui, alors que le processus d’indemnisation pour le Port dit de Ndayane reste partiel et inachevé, ces populations s’insurgent contre la nouvelle vague d’expropriations qui se profile. Elles préviennent que ‘’cette répétition d’injustices fragilise la confiance entre l’État et les citoyens’’.

Ainsi, le Collectif Dialaw réaffirme qu’il ne s’oppose pas au développement du Sénégal, ni à la création de zones industrielles, portuaires ou logistiques destinées à renforcer la souveraineté économique nationale, mais souligne que toute initiative de progrès doit s’inscrire dans le respect du droit, de la dignité des populations et de l’équilibre territorial.

Il lance un appel solennel au Président de la République et au Premier Ministre. Il réclame un audit sur les 1 200 hectares déjà cédés et les 600 hectares visés  et l’ouverture d’un cadre de dialogue inclusif réunissant les parties concernées (État, élus, PAD, APIX, DPW et représentants des populations).

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