Publié le 19 Jan 2024 - 11:55
SAINT-LOUIS : FORUM RÉGIONAL  SUR LE CHANGEMENT CLIMATIQUE

Le bassin du fleuve Sénégal, le grenier agricole idéal

 

La capitale du Nord a abrité, hier, un  forum régional sur le “Développement durable en réponse au changement climatique  - Regards sur la vallée du fleuve Sénégal”. Une rencontre qui a permis  aux différents participants venus du Sénégal et de la Mauritanie d’échanger sur  les défis de la variabilité climatique et des opportunités d’interventions dans les domaines prioritaires.

 

Les effets du changement climatique perturbent l’économie de la vallée, dégradant ainsi les moyens d’existence des populations et impactant la sécurité alimentaire. Une situation difficile qui a été accentuée par les impacts de la pandémie de Covid-19 ainsi que ceux de la guerre en Ukraine. Pour le ministre mauritanien de l'Hydraulique et de l'Assainissement, ces impacts négatifs montrent à suffisance que les États riverains du fleuve Sénégal doivent renforcer leur intégration et leur solidarité pour y faire face.

”Le changement climatique influence aussi bien nos ressources en eau, nos écosystèmes que nos programmes de développement agricole. La question de la souveraineté alimentaire s’est récemment posée sous toutes ses formes et appelle de notre part un engagement de taille. Dans ce cadre, le bassin du fleuve Sénégal constitue un espace idéal pour jouer un rôle de grenier agricole dans l’espace OMVS. Nos programmes de développement du bassin doivent être orientés pour permettre à nos États  d’exploiter tout notre potentiel de terres irrigables”, a déclaré  le ministre   Ismail Abdel  Vetah.

D’après lui, les changements climatiques sont une  réalité mondiale vécue par tous les pays et  ils ont un impact considérable sur les économies des États. À en croire toujours  le ministre mauritanien, le changement climatique revêt une importance toute particulière, eu égard aux différents impacts que subissent les pays du bassin du fleuve  Sénégal.  “Unis dans un bassin versant géré de façon transfrontalière, solidaire, élargie et diversifiée, nous arriverons sûrement à avoir des solutions résilientes adaptées à notre contexte régional”, a soutenu M. Vetah. Rappelant qu’en Mauritanie comme dans tous les pays de l’OMVS, la voie du développement, du partage équitable et de la solidarité a été  choisie pour sauver la  région des impacts négatifs des changements climatiques.

Pour le vice-président de la Banque mondiale, Ousmane Diagana, le fleuve Sénégal, au-delà d’être un élément géographique que partagent quatre pays, procure des moyens d’existence à près de 30 millions de populations riveraines, centrés principalement sur l’agriculture, l’élevage, la transhumance, la pêche, etc. Mais  le changement climatique étant une question qui transcende les frontières, il est important d’adopter une approche régionale dans la recherche de solutions durables. “Malheureusement, ces dernières années, les populations du bassin du fleuve Sénégal sont fortement impactées par les effets du changement climatique. La région présentant l’une des variabilités climatiques les plus extrêmes au monde. Les températures sont de plus en plus élevées,  les pluies de plus en plus irrégulières avec de fortes inondations,  des sécheresses de plus en plus fortes et une désertification croissante,  une élévation du niveau de la mer,  une salinisation des sols et des eaux ainsi qu'une dégradation des terres arables. C’est donc toute l’économie de la région qui est perturbée, dégradant les moyens d’existence des populations et impactant la sécurité alimentaire”, a signalé Ousmane Diagana.

Des programmes innovants pour faire face

Ainsi, pour accompagner les États dans la lutte contre le changement climatique, la Banque mondiale soutient un certain nombre d’opérations régionales auxquelles participent les pays du bassin du fleuve Sénégal et qui sont en train d’avoir des impacts certains pour les pays et les bénéficiaires. “L’un des projets phares est le Projet régional d’appui au pastoralisme au Sahel (PRAPS) qui a démarré en 2015 pour aider à préserver les systèmes pastoraux qui font vivre plus de 20 millions de personnes dans le Sahel. Dans sa première phase que nous avons soutenue à hauteur de 248 millions de dollars, le PRAPS a aidé à améliorer la gestion des ressources naturelles et la santé animale, à apaiser les conflits, à faciliter l'accès aux marchés et à renforcer la préparation et la réponse aux crises”, a indiqué M. Diagana.

Selon toujours le vice-président de la Banque mondiale,  plus de 2,6 millions de personnes ont directement bénéficié de cette première phase du projet et les résultats ont été significatifs. “Plus de 271 millions de vaccinations ont été réalisées contre les maladies animales transfrontalières, près de 6,6 millions d’hectares ont été mis sous pratique de gestion durable des paysages, 2 249 km d’axes de transhumance ont été marqués,  398 points d’eau ont été réalisés, 89 marchés à bétail ont été construits et des activités génératrices de revenus ont été financées pour plus de 38 000 bénéficiaires”, a-t-il listé.

Avec le Projet d’appui à l’initiative pour l’irrigation au Sahel (PARIIS) y compris les pays de la vallée du Sénégal, 64 % de la population vit dans des zones rurales et dépend principalement de l'agriculture pluviale pour sa subsistance. Malgré un potentiel de deux  millions d'hectares de terres irrigables, seuls 3 % des terres cultivées sont irriguées, a déploré Ousmane Diagana.  

Pour lui, la maîtrise de l’eau s’impose donc comme une importante nécessité pour sortir de cette dépendance et défier les effets du changement climatique, pour faire de l’agriculture un secteur pourvoyeur d’emplois et un facteur de croissance économique pour les pays. “C’est l’objectif principal visé par le projet PARIIS, que nous avons financé à hauteur de 170 millions de dollars. Il mise sur l'alliance de technologies simples et abordables, associant le savoir-faire local pour irriguer les terres et démultiplier leur potentiel. Plus de 25 000 ha ont déjà été irrigués au profit d’environ 130 000 agriculteurs, dont 49 % sont des femmes”, a poursuivi M. Diagana.

 

IBRAHIMA BOCAR SENE SAINT-LOUIS

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