Publié le 14 Nov 2016 - 23:37
SAINT-LOUIS

Les pharmaciens se bunkerisent

 

Après le double meurtre de Ndioum, les pharmaciens de Saint Louis renforcent leurs dispositifs sécuritaires pour prévenir d’éventuelles attaques.

 

Le double meurtre de Ndioum a provoqué la psychose chez les pharmaciens de la région de Saint-Louis. Ces derniers, depuis le drame qui a occasionné la mort de deux gardiens de pharmacie, sont en train de renforcer leur sécurité. Dans les pharmacies de la ville visitée par EnQuête, le dispositif sécuritaire est renforcé avec des gardes de plus en plus armés. A la pharmacie Mame Madia Dia située sur l’avenue Général De Gaulle près du marché Sor, le propriétaire,  Dr Ahmadou Dia, député et président de la Linguère de Saint-Louis,  a opéré des travaux pour bien se barricader. Mieux, il a recruté de gros bras qui, la nuit, veillent au grain. Ici, les employés disent être en sécurité, malgré le choc que ce double meurtre a provoqué chez eux.

Toutefois, cette assurance est le sentiment le moins partagé dans la vielle ville. Dans les officines éparpillées un peu partout dans la ville de Saint Louis, la peur se lit jusque dans le regard surtout méfiant des pharmaciens et des vendeurs de pharmacie pour qui, l’Etat a failli à sa mission de sécurisation des biens et des personnes, avec la montée de la criminalité. ‘’On peut être attaqué, à tout moment, le matin comme le soir.

Il faut que l’Etat prenne ses responsabilités et assure correctement son rôle de sécurisation des citoyens’’, lance sèchement un vendeur de pharmacie. A côté de lui, un collègue qui a d’abord refusé de s’ouvrir à nous, propose tout simplement un partenariat entre les pharmaciens, la police nationale et l’Agence de Sécurité de Proximité pour prévenir contre cette insécurité galopante. Selon lui, on peut bien trouver une solution en mutualisant les efforts des forces du secteur privé et de l’Etat pour faire face à ce phénomène qui menace la viabilité des officines. Car, prévient-il, si les pharmacies baisent rideaux, ce sont plusieurs emplois qui seront perdus.

Si la psychose gagne du terrain dans la région de Saint Louis, dans l’île, le danger semble être moindre, car la plupart des officines jouxtent des banques dont la sécurité est assurée par des agents bien armés. Ces derniers de dire que, durant la nuit, ils veillent sur tout ce qui est dans le périmètre des banques.

FARA SYLLA (SAINT-LOUIS)

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